Wednesday, 25 March 2009

Santa Cruz

On attendait pas mal de Santa Cruz... soit disant ville la plus riche de Bolivie. Bien que l'on ait adoré notre séjour, la Bolivie reste un pays éprouvant. Nourriture plutôt mauvaise et logements vraiment précaires nous ont laissé avec l'envie de se pauser avec un bon café à une terrasse ou de se faire un ciné et nous espérions que Santa Cruz nous offre le répis que nous avions eu lors de notre second passage à Lima. Malheureusement cette ville ne sera que déception. Bien qu'économiquement riche, la ville apparait comme vraiment délabrée, pour la première fois en Bolivie les mendiants remplacent les vendeurs de coin de rue et la rue "commerçante" hors du centre ville est organisée à l'américaine où tout doit se faire en voiture et n'est en fait qu'une succession de bars et clubs glauques devant lesquels les Kékés locaux exhibent leurs quads.

Nous avons n
éanmoins une mission: faire vacciner Charlotte contre la fièvre jaune. Seul hic, la ville semble être à cours de vaccin et il nous faudra une bonne demi-journée de va et vient avant de mettre la main sur une dose dans la pharmacie d'une clinique privée que l'on se fera injecter au centre de vaccination publique. L'infirmière était d'ailleurs ravie d'apprendre l'existance de ce stock inespéré! Le vaccin prenant malheureusement 10 jours à faire effet et les risques d'infection par la fièvre jaune dans le Pantanal étant tout de même bien réels nous décidons de sauter cette étape de notre voyage et de mettre directement les voiles (ou plutôt les ailes) en direction de la ville brésilienne de Sao Paolo. Cela faisait alors près de cinq mois que nous avions pris l'avion pour la dernière fois et nous nous trouvons tout excités à l'idée de partir en avion pour le Brésil... comme si nous partions en vacances.

Friday, 20 March 2009

Sucre

Une longue journée de bus nous enmène d'Uyuni, à travers les montagnes jusqu'à la ville de Sucre, capitale constitutionelle bolivienne. Nous arrivons de nuit dans une ville en pleine effervescence et nous demandons pourquoi. Nous aurons l'occasion de découvrir qu'il n'y avait aucune raison et que le centre ville est juste comme ça tout les jours! Nous dormons face au marché où nous découvrons le lendemain matin le plaisir des bonuelos (beignets frits couverts de sucre) et du tojori (boisson locale à base de maïs, de sucre et de canelle!).

Alors que La Paz ne nous avait pas appris grand chose quand à l'histoire du pays, nous rattrapons notre retard ici. La Paz n'est en effet que capitale de facto du fait de la présence du gouvernement. Sucre, ville universitaire Jésuite, fut elle au centre du mouvement révolutionnaire sud-américain et conserve dans les textes le statut de capitale bolivienne. Avant l'arrivée des Espagnols, le territoire bolivien appartenait à l'empire Inca. Le territoire fut conqui au 16ème siècle, nommé Haut-Pérou ou Chacras et tombait sous l'autorité de Vice-Roi du Pérou. Le pays déclara son indépendance en 1809 et il fallut 16 ans de guerre avant l'établissement de la première république bolivienne le 6 Aout 1925 sous la présidence du Vénézuélien Simon Bolivar qui donna son nom au pays. L'histoire du pays fut alors marquée par une succession de troubles politiques, d'alliances et de guerres avec ses pays limitrophes. Les principaux conflits engagèrent la Bolivie, alors en confédération avec le Pérou contre le Chili et l'Argentine en 1836. Autonome, le pays fut ensuite à nouveau attaqué par le Chili en 1879. La guerre du Pacifique, ayant pour but le control du guano et du sel sud-bolivien couta au pays son accès à la mer. En 1903, le Brésil s'empara de Acre et de sa production de caoutchouc. Finalement, le Paraguay, en 1932 s'empara d'une large portion du Chaco, région à tort pensé être riche en hydrocarbure, laissant finalement la Bolivie avec moins de la moitié de son territoire originel.

La scène politique bolivienne a été jusqu'à aujourd'hui une succession de gouvernement peu stables régulièrement renversés dans des coups d'états plus ou moins sanglant donnant au pays une liste impressionante de gouvernement (près de 200 en 200 ans d'hisoire!). Aux mains des Criollos et de la population blanche depuis sa fondation, le pays est aujourd'hui dirigé par Evo Morales, premier président indigène mais ne semble pas tiré d'affaires. Les tensions sociales sont fortes et les régions "basses" de Santa Cruz, plus riches du fait de leur production agricole et de la présence d'hydrocarbure, parlent de sécession, et la situation éconimique globale est instable. D'autant plus, il est diffcile de savoir si le président, à fort penchant comuniste et suivant les traces d'Hugo Chavez et de leur mentor respectif Fidel Castro, sera le sauveur tant espéré ou bien un nouveau tyran.

Wednesday, 18 March 2009

Uyuni, son salar, ses lagunes

Nous partons tôt de La Paz en direction de Uyuni. Le trajet consiste en deux étapes, un bus jusqu'à Oruro puis de là un train jusqu'à Uyuni. Le bus quitte, comme tous, La Paz par la route de l'Alto nous offrant une dernière vue d'ensemble du canyon. La route rejoint ensuite l'interminable altiplano, et nous passons tous les deux le trajet perdus dans nos bouquins. Le transfert à Oruro nous permet de faire le tour d'un centre-ville sans intérêt et nous nous retrouvons, pour la première fois en Amérique Latine, avec du mal à trouver à manger! Avec l'approche de l'heure de départ du train, qui rejoint Uyuni tout les deux jours et permet d'éviter une route réputée mauvaise, la gare est prise d'assaut par un mélange de Boliviens et de touristes qui s'affèrent à trouver leur wagon. Le train se met finalement doucement en branle. Peu de temps après la sortie de la ville, les voies coupent en deux un lac de faible profondeur, couvert d'oiseaux et de roseaus, et regardant par la fenêtre le train semble rouler sur l'eau. Le soleil tire malheureusement rapidement sa révérence et on se retrouve sans autre choix que de se tourner vers l'écran de télévision qui hurle et débite une fois de plus une merde en provenance directe d'Hollywood. L'arrivée à Uyuni se fait à près de 23h00 et nous sommes contents à la vue du nombre de gens sortant bredouille des hotêls, d'avoir fait une réservation.

La "ville" d'Uyuni est perdue en plein désert, non loin du salar et ne semble avoir pour seul utilitéed'offrir aux touristes un accès aux merveilles de la région. Nous sommes donc une fois de plus l'unique cible des locaux et nous faisons interpeller à tout bout de champ au son de: "Looking for tour?", "One day, three days!" Nous avons toute la journée pour trouver une agence et au vue des histoires d'horreur relatées par nos rencontres nous décidons de prendre notre temps et de voir le plus d'agences possibles. Nous en verrons finalement six et toutes nous délivrerons quasiment le même speach. Toutes partent à la même heure, font le même circuit et s'arrêtent aux mêmes endroits pour dormir.... quel bonheur!! Les seuls distinctions sont la présence ou non d'une cuisinière (ce qui ajoute une personne dans la voiture déjà bien chargée), l'âge de la voiture et si la personne qui délivre le dit speach à l'air honnête ou pas. Nous nous décidons finalement pour Tito de "Tito Tours" et nous ne seront pas déçus.

Le départ se fait le lendemain 10h00. Nous sommes content de voir arriver Darryl et Ilga, que nous avions rencontrés la veille à la terrasse d'un resto. Puis Darren et Coby, arrivés tout droit du bus de nuit, se décident en cinq minutes. Tout le monde s'avère très sympa ce qui joue un rôle primordiale dans la réssite du tour comme nous allons passer trois jours coincés ensemble jour et nuit! Notre tour connait une première épreuve peu après le départ. La première étape est un cimetière de vieilles locomotives rouillées où Ilga se blesse et où nous avons pour la première fois l'opportunité de "tester" Tito qui réagit super bien et nous enmène directe à l'hôpital. La blessure est heureusement légère et nous repartons rapidement. Notre route nous enmène enfin vers le salar. A son bord nous nous arrêtons dans un village d'exploitants de sel qui subsistent tant bien que mal avec 8 bolivianos pour chaque 200 kilos extrait et des quelques babioles de sel vendues aux touristes. Nous rentrons ensuite sur le salar et rien ne peut préparer à cette expérience. La luminosité est complètement éblouissante et il est impossible de tenir sans lunette de soleil. Au dessus le ciel exempt de tout nuage est d'un bleu éclatant et à perte de vue, le sel, sans un relief, s'étend. Les distances sont complètement faussées et un volcan qui parait près se trouve en fait à 200km de nous. Le temps de faire quelques photos et nous repartons, plein Ouest en direction de l'Isla del Pescado, véritable île de cactus prise dans une mer de sable. La planitude et la température du sel créent des mirages de toutes part. L'île nous apparait tout d'abord comme un nuage noir qui flotte au dessus du sel et seulement une fois proche finit il par se poser sur le salar. L'île est notre première pause et après en avoir gravi le sommet pour apprécier la vue et admirer de plus près les cactus millénaires qui la recouvre nous profitons de notre premier déjeuner. Une fois de plus Tito ne nous déçoit pas et nous nous régalons. La fin d'après-midi nous fait traverser la partie sud du salar. Ici la croute de sel crée des formes hexagonles qui s'étendent à perte de vue. Coucher de soleil depuis le bord du salar, diner et on dort dans un hôtel de sel perché sur un colline au dessus du salar. La vue est superbe mais le fait que l'hôtel soit en sel n'apporte rien, c'est grossomodo une maison de base mais avec des briques couleur sel taché de terre.

Deuxième journée et le programme change complètement. Nous quittons le monde plat et monochrome du sel pour celui accidenté et coloré des déserts, volcans et lagunes altiplaniques. Le 4x4 suit tantôt une piste et tantôt coupe droit à travers de gigantesques étendues. La régions a été totalement abandonnée après la privatisation et fermeture de la ligne de chemin de fer dans les années 90 et seulement quelques postes militaires occupent la zone qui fait face à l'ennemi juré bolivien: le Chili. Le paysage est quasi impossible à décrir tant il est varié. Chaque nouvelle vallée est différente. Fond de sable gris entouré de volcans aux flancs rouges, ocres et noirs. Lave pétrifiée saumon sur fond de sable jaune et surplombée d'un volcan aux pentes blanchies par le souffre. Vaste étendue de sable parsemée de roches aux formes abstraites. Champ de bombes volcaniques. Cuvette emplie d'une eau bleue éclatante, de sel de borax et parsemée de flamants roses... et la liste continue. C'est la journée la plus époustouflante du tour et il est incroyable qu'une telle diversité soit présente concentrée sur une région si petite du globe. Une fois encore les altitudes environnantes sont impressionantes, nous passons la journée à plus de 4000m et les sommet alentours culminent régulièrement à plus de 6000m. Le réchauffement climatique fait par contre ici des ravages et alors qu'il y a quelques années les sommets étaient tous enneigés l'année durant seuls quelques-un le sont encore aujourd'hui. Cette deuxième nuit se fait à 4500m ce qui sera la nuit la plus haute de notre voyage et peut être aussi la plus étoilée. L'air glacial est parfaitement sec et les étoiles brillent par milliers au dessus de nous.

Notre dernier jour consiste en quelques visites matinales dont un champ de geyser, une piscine termale et la laguna verde qui prend cette couleur lorsque les eaux du lac, riches en cuivre, s'oxydent une fois remuées par les vents. Nous rallions la frontière chilienne pour y déposer Coby et nous trouvons alors à seulement quelques kilomètres de San Pedro où nous nous trouvions il y a près de 2 mois! C'est ensuite la route du retour et nous passons le plus clair de la journée à rejoindre Uyuni. La piste est cahotique par endroit mais les paysages, bien que moins irréels sont toujours merveilleux. Nous finissons ce tour sous le charme de la région et soulagés de la chance que nous avons eu d'avoir un si bon guide et de si bons compagnons. Après une soirée arrosée, un douche bien méritée et une bonne nuit de sommeil nous partons pour notre nouvelle destination: Sucre, capitale constitutionelle de la Bolivie.

Friday, 13 March 2009

La Paz

La route qui mène à La Paz depuis Copacabana nous offre une nouvelle fois de superbes vues sur le lac. Un dernier bras de celui-ci se traverse par bateau et la route retrouve ensuite les vastes étendues de l'altiplano. Nous avions entendu parler de l'arrivée sur La Paz et de l'effet général laissé aux voyageurs. Une fois de plus nous n'avons pas été déçus et la vision laisse sans voix. Après le quartier de l'Alto traversé, la route rejoint finalement le bord du canyon. La ville à proprement parlé s'étend alors 1000 mètres plus bas et remplie l'intégralité de la vallée à perte de vue. La première chose qui saute aux yeux est la couleur. Les bâtiments, mis à part dans le centre ville qui occupe le coeur du canyon, sont exclusivement de briques nues donnant à la ville une couleur brique unie. Une fois arrivés en ville, un trajet de taxi pour rallier notre hôtel nous donne un premier aperçu de la ville elle même. Les rues, dont aucune ne semble être plane, sont remplies de vieux bus américains multicolores qui crachent de lourds nuages, et sont bordées d'échoppes et de stands vendant de tout sur les trottoirs.

Notre première ballade en ville nous donne vite le ton. La population, majoritairement indigène garde en partie son charactère traditionnel. De nombreuses femmes, dames vendeuses de bord de rue ou jeunes sortant de la fac portent le costume traditionnel des Cholitas, jupes et jupons, chapeau melon et tresses longues relliées aux pointes. La ville, contrairement au centre de Lima par exemple, n'apparait pas du tout impressionante ou menaçante mais au contraire acceuillante. Chaque personne vaque à ses occupations et ne semble pas pour le moins interessé par nous ce qui est particulièrement agréable après notre expérience à Cusco. La ville occupant un canyon et le centre-ville étant au fond de celui-ci on découvre qu'il est pour ainsi dire impossible de se perde car où que l'on se trouve il suffit de descendre pour retrouver l'avenue principale de la ville.

Nous passons donc trois jours à La Paz, à préparer notre départ pour Uyuni (il faut acheter le billet de train en avance mais seulement un jour avant, pas deux! Et le billet de bus le jour même pas la veille!), et à nous ballader à travers le gigantesque bazar (ça devrait être un mot Quechua ou Aymara, pas arabe) qui couvre une grande partie du centre ville. L'autre mission est de nous dégoter un certificat international de vaccination contre la fièvre jaune (nécessaire pour entrer au Brésil depuis la Bolivie) ce qui nous permet de rentrer directement en contact avec les services sanitaires peu salubres de la ville et de découvrir que moyenant 60 bolivianos le certificat nous est délivré sans se soucier de savoir si nous sommes vaccinés. On va on vient, on s'achète des babioles chez les antiquaires, vendeuses de tissus et divers stands du "Mercado Negro". Nous mangeons une pizza carrée comme à Odéon, visitons la cathédrale et le monastère franciscain du centre ville, assistons chaque jour à une nouvelle manifestation dans lesquelles l'utilisation de pétard semble être primordiale pour se faire entendre du gouvernement et finissons notre séjour à La Paz, cette ville où l'on suffoque et où tout semble être constament en mouvement, avec une excellente impression.

Monday, 9 March 2009

Lac Titicaca

Après un passage de frontière mouvementé entre le Chili et le Pérou nous appréhendions légèrement ce nouveau transfert, soit disant direct, entre la ville de Cusco et, à 7 heures de bus, le village de Copacabana sur la rive du lac Titicaca. Le tout commence mal. Arrivés, comme recommandé avec trente minutes d'avance au terminal de bus de Cusco, nous passons deux heures au son des annonces de départ hurlées par les harangueurs des compagnies de bus à attendre un bus qui semble refuser d'arriver.

Soudainement tout se débloque, un bus moderne apparait, on charge à toute allure et on démarre. La route pour une fois ne consiste pas en une succession interminable de virages mais gravit lentement le fond d'une vallée bordée de sommets enneigés. Le passage du col à 4000 mètres débouche sur le fameux altiplano qui couvre le Sud Pérou, la Bolivie et le Nord Argentin. La plaine, fendue par la route et la voie ferrée, s'étend à perte de vue et est parsemée de quelques fermes et habitations et sur notre gauche bordée, toujours, d'une chaine montagneuse. Finament apparait devant nous l'immensité du Lac Titicaca et contre toute attente le bus, qui doit nous enmener de la ville péruvienne de Puno à la frontière, est fidèle au poste et nous attend. On change à toute vitesse, prennons garde de ne rien laisser derrière et nous retrouvons entasser à l'arrière d'un minivan plein de touriste. Il nous reste alors 3 heures de route à longer le lac et profiter de la vue. Les berges alternent entre hautes herbes les pieds dans l'eau et falaises qui plongent directement dans les eaux bleues du lac. La route nous mène finalement jusqu'au point de frontière de Yunguyo à seulement quelques kilomètre de Copacabana. On décharge et passons la frontière à pied. Charlotte qui transporte depuis Chachapoyas une orchidée recueillie dans la jungle craint de se la faire confisquer mais les douaniers boliviens ne semblent pas très intéressés par leur travail et ne font guère plus que tamponner les passeports des touristes. Une fois de plus le transfert nous attend et nous arrivons quelques instants plus tard sur la place de Copacabana. Le village ne présente aucun intérêt si ce n'est sa cathédrale monumentale du 17ème qui semble avoir été construite là par erreur. Nous errons quelques temps à travers ses rues qui rapidement s'assombrissent et finissons par trouver où loger.

Nous sommes ici pour une seule raison et celle-ci est accéder à l'île du soleil à quelques encablures du village. Nous partons de la plage en début d'après midi en direction du Sud de l'île où nous comptons passer la nuit. Il est très agréable de finalement changer de moyen de transport et les deux heures nécessaire pour effectuer la traversée sont les bienvenues. Nous débarquons face à un escalier Inca qui mène du fond de la baie au village en surplomb. L'escalier passent entre de grand eucalyptus qui apportent une ombre bien venue et un canal alimente des fontaines disposées à chaque palier. Après nous être décidés pour des raisons pratiques à dormir dans l'auberge située à l'extrémité nord du village mais qui s'avère être la pire de celle que nous avons vues nous décidons d'aller explorer l'extrémité Sud de l'île.

L'île a un relief accidenté avec beaucoup de terrasses aménagées pour l'agriculture par les anciens peuples amérindiens et toujours en usage. Nous suivons un chemin de crête qui offre une vue imprenable sur le lac et les chaines de montagnes environnantes parmi lesquelles se dresse à l'est un massif particulièrement impressionnant et qui nous laisse sans voix. A l'époque des incas, l'île était un sanctuaire et de nombreux vestiges subsistent. On distingue au loin l'île de la Lune sur laquelle résidaient les Vierges du Soleil. Le lieu semble avoir eu la fonction d'une sorte de couvent. L'île du soleil, elle, avait une place centrale dans la mythologie Inca car était considérée comme étant le lieux de naissance du Soleil et les ruines du temple du soleil sont situées dans la partie Sud de l'île.

Après un dîner agrémenté de l'une des plus belles vues qui soit, nous dormons finalement tout habillés après avoir constater l'état de saleté avancée du lit. Après une mauvaise nuit, nous nous réveillons pour entamer la marche pour relier le Nord de l'île d'où devrait partir un bateau pour Copacabana. La marche emprunte un chemin pavé Inca qui suit la ligne de crête et offre tout le long une vue splendide. On peut de là apprécier la forme de papillon de l'île (deux lignes montagneuses parallèles reliées par un bras de terre) qui nous rappel le la forme de Kho Phiphi en Thailande. Le décor est assez désertique mais grandiose. L'île elle-même bien sur a un relief intéressant mais c'est surtout le lac alentour qui captive l'attention. Alors qu'à l'est ou l'ouest il est possible de distinguer ses berges, vers le Nord, l'eau, le ciel et les nuages se mêlent et l'on n'est rapidement plus sûr de ce que l'on regarde. Au dessus de nos têtes, à 4000 mètres d'altitude, le ciel, entre les nuages, est aussi bleu que le lac autour. La route nous mène jusqu'aux ruines d'un petit complexe Inca et finalement à la plage du village d'où partent les bateaux. Nous arrivons juste à temps pour le départ de l'unique "direct" de la journée et débarquons finalement juste à temps pour un déjeuner tardif à Copacabana. Nous y passons finalement une nuit supplémentaire et partirons le lendemain pour la ville de La Paz.

Wednesday, 4 March 2009

Machu Picchu

Nous voilà donc debout à 4h30 pour monter au Machu Picchu et nous ne sommes pas les seuls. Après un petit déjeuné plus que matinal, nous sommes postés avec beaucoup d'autres à attendre le premier bus du matin. Le tout parait un peu stupide. En effet voilà le timing et la raison de celui-ci. La photo classique du Machu Picchu montre le site avec en arrière plan un pic montagneux. Celui-ci s'appelle Huaina Picchu, offre une vue imprenable sur la cité Inca et n'est ouvert qu'aux 400 premiers couillons près à se lever à pas d'heure... Il faut donc être debout à 4h30, arriver a l'arrêt de bus vers 5h10, attendre 20 minutes le bus, arriver ticket en main à 5h45 à l'entrée du site, attendre 15 minutes l'ouverture, traverser au plus vite le site sans rien regarder ni prendre de photo pour arriver au pied du pic en question pour y faire la queue encore 45 minutes jusqu'à ce qu'il en ouvre la porte et espérer qu'il y a moins de 400 personnes devant soi. Le tout est stupide et on a vraiment l'impression de perdre les premiers instants sur le site à l'heure où il est relativement vide. Malheureusement le tout vaut en effet la peine, le pic était lui même un temple dédié à la lune, est recouvert de ruines et la vue du sommet est majestueuse. La rivière rugit au fond de la vallée, on peut en voir les nombreux méandres et gorges taillées dans la roche et bien sur en contrebas la cité du Machu Picchu, en forme de condor, étend ses ailes. Nous arrivons au sommet parmi les premiers et y passons près d'une heure perchés sur des rochers, appréciant la levée des nuages et l'apparition du soleil. Celui-ci réchauffe la forêt humide en contre-bas et nous sommes d'un coup entourés de nuages qui gravissent la pente, nous enveloppent et disparaissent au dessus de nos têtes.

Nous prenons notre temps à la descente et arrivons vers 10h00 sur le site à proprement parlé. Nous entamons une visite qui nous prendra bien 7 heures. Le site qui parait petit au premier abord est en fait relativement grand, chaque quartier ayant coins et recoins à explorer. Nous nous posons pour l'heure la plus chaude à l'abri d'un temple et réalisons rapidement après le passage de quelques guides qu'ils n'y connaissent vraiment rien! Chaque guide y va de sa petite histoire et le temple dans lequel nous nous trouvons prend milles aspects: temple de l'eau, bain cérémonial réservé à l'Inca, temple des 4 éléments, point de vue sur la vallée pour l'élite... On repense à tout ce que les guides on puent nous raconter comme histoires et on se dit que heureusement il y a des livres... mais qui sait eux aussi racontent peut être n'importe quoi! Néanmoins l'histoire globale du site se veut être ainsi:
La ville fut bâtie vers 1460 à l'apogée de l'empire Inca mais ne fut habitée qu'une centaine d'années. Sa population semble avoir été décimé par l'arrivée de la variole et malgrès sa proximité avec Cusco (80km) ne semble pas avoir été découverte par les conquistadors mais simplement sombra petit à petit dans l'oubli. Le site de Machu Picchu ne disparu pourtant jamais totalement des mémoires. En 1911, l'historien-explorateur américain Hiram Bingham, en quête de la dernière cité Inca Vilcapampa, y fut amené par un enfant du coin dont la famille cultivait le site archéologique. Il semble d'ailleurs que le site fut mentionné déjà à plusieurs reprises depuis le début du siècle et que Bingham ne fut que le premier à y porter un réel intérêt. Le site, perché sur un promontoire rocheux cerclé de falaises de près de 600 mètres, fut sélectionné pour son caractère imprenable et sa localisation gardé comme secret militaire. Seuls deux accès menaient au site, les deux facilement défendables, l'accès à l'eau était quasi protégé et les terres cultivables suffisantes pour nourrir bien plus que la population maximale de la ville. Machu Picchu apparait alors comme un lieux de repli idéal pour l'Inca et sa cours en cas de danger. L'architecture donne l'occasion d'apprécier une fois de plus l'habileté des incas à la taille de pierre et l'agencement de blocs gigantesques au millimètre.

On fini notre visite après près de 7 heures à crapahuter, les yeux fatigués et la tête pleine de nouveaux souvenirs. Le bus nous ramène à Aguas Calientes où nous passons une dernière nuit avant de rentrer vers la vallée sacrée et la ville de Cusco qui nous servira de plateforme vers la Bolivie, le lac Titicaca et l'île du soleil.

Tuesday, 3 March 2009

Cusco et la vallée sacrée

On en avait tellement entendu parlé et visiblement nous ne sommes pas les seuls. La ville de Cusco est superbe avec ses places, ses églises et bâtiment coloniaux juchés sur des bases Inca et reconnaissables grâce a leur pierres de taille gigantesques. Malheureusement, notre séjour à Cusco est rythmé au sond des "Excuse me wanna have massage?", "Wanna buy?" et autre. C'est la première fois que l'on nous interpelle et nous parle en anglais. Les prix sont ridicules par rapport au reste du pays et il est clair que le sport municipal est l'arnaque touristique. Il est impossible ici d'obtenir une réponse directe, tout semble être mensonge. Les visites des sites alentours se font après l'achat d'un ticket commun appelé "boleto touristico" valable 10 jours et hors de prix qui rend chaque visite au moins deux fois plus cher que n'importe où d'autre dans le pays le tout sans aucune explication de quelque forme que ce soit sur les sites.

Peu importe, on fait du mieux que l'on peut pour mettre tous ces désagréments de côté et de profiter au maximum des vestiges Incas. Nous visitons notre deuxième jour dans la région le site de Pisac, citadèle suspendue sur un sommet en surplomb d'une vallée agricole à travers laquelle coule paisiblement une rivière. Un Machu Picchu en miniature! Les vestiges sont répartis en groupes sur les flancs de la montagne. Des habitations, un centre religieux, de nombreuses fortifications de toutes parts et tout au tour les fameuses terrasses agricoles Inca aux murs de pierre de près de 2 mètres de haut. On passe 4 heures sur le site et explorons ses moindres recoins. On rentre finalement affamé au village de Pisac à fond de vallée où nous déjeunons dans le marché, servis par les mains noires d'une grand-mère dans des assiettes nettoyées dans un seau à l'eau douteuse... On ne sera pas malade.

On rentre à Cusco et organisons notre départ pour le Machu Picchu. Il y a de nombreuses manières d'atteindre le site. A pieds mais pas en Février car le fameux chemin de l'Inca est en réparation chaque année à cette époque, en train depuis Cusco ou depuis différents villages de la vallée sacrée (les prix depuis Cusco sont ridicules et une fois de plus on sent que le touriste est là pour cracher le plus d'argent possible) Ou en bus et à pied mais cela prend deux jours. Nous avons pensé pendant longtemps opter pour la dernière solution mais la route est de terre, nous sommes toujours en pleine saison des pluies et nous pensons tous les deux avoir assez donné sur les routes de terre et dans la boue du côté de Chachapoyas pour finalement laisser tomber l'idée. Nous nous décidons finalement pour la solution intermédiaire: bus jusqu'à Ollantaytambo et train pour les derniers kilomètres. Il faut savoir que la route n'arrive pas au village d'Aguas Calientes (Au pied du Machu Picchu), la compagnie péruvienne du rail ayant du fait le monopole de l'accès au site. Nous passons donc une dernière nuit dans le froid de Cusco et au réveil nous voilà finalement partis pour le Machu Picchu.

Départ 8h00, nous avons jusqu'à 12h30 pour rallier Ollantaytambo d'où part notre train. Nous traversons la ville sac au dos et nous réalisons que ça faisait un moment que cela ne nous était pas arrivé. Il est vrai que depuis notre arrivée au Pérou, du fait du prix modique des taxis et de l'éloignement relatif des terminaux de bus au centre-ville nous nous sommes petit à petit fait à un certain niveau de confort! Ce petit retour en arrière nous fait bien plaisir et nous marchons avec le sourire. Le premier bus prend 1h30 pour rallier Urubamba ou nous devons changer. La route est très belle. Nous commençons par l'habituelle grimpette pour sortir de la cuvette de Cusco. De l'autre côté du col, la route traverse un haut plateau agricole parsemé de villages et de cultures en tout genre: maïs bien sur, mais aussi blé, Quinoa et Colza. Les couleurs de la campagne sont splendides. Après le changement, il ne reste plus que 20 minutes de minibus a fond de vallée et nous restons tous les deux les yeux rivés de chaque côté du minibus, nos sacs ayant étés balancés sur le toit sans être attachés.

Il nous reste un peu de temps avant notre train et profitons du temps pour acheter la spécialité des Andes pour le déjeuné: "choclo con queso" (maïs à la vapeur et tranche de fromage frais de vache) d'un côté et "humitas" (pâte de maïs assorties de condiments variés à la vapeur) de l'autre. Dans le train nous sommes une fois de plus en plein sur le Gringo Trail. Les locaux ont un wagon pour eux (certainement au 1/100 de notre prix et interdit aux gringo) et tous les blancs sont dans un autre. Le trajet dure près de 1h30. Petit à petit la vallée se ressert, la rivière devient vraiment sauvage et avec la baisse d'altitude les champs laissent place à une forêt tropicale dense. L'arrivée à Aguas Calientes correspond à notre attente et ne déçoit donc pas! Nous sommes ici dans une ville qui n'a qu'une seule raison d'être: le tourisme de masse. Le guide la décrivait comme la plus moche des petites villes du continent et il nous semble qu'il serait en effet dur pour quel qu'autre lieu d'entrer en compétition. Le site est lui par contre tout à fait splendide. Le village est au fond de la gorge le long d'une rivière déchainée et est surplombé de montagnes vertigineuses aux parois verticales auxquelles s'accroche tant bien que mal la forêt tropicale. On trouve finalement un hôtel et nous couchons tôt, demain réveil 4h30...

Monday, 2 March 2009

Lima... bis

Une pause bien méritée à Lima entre nos deux longs trajets en bus. 23 heures pour venir et encore 20 heures pour Cusco. On passe donc deux nuits dans le quartier de Miraflores où nous remettons à neuf notre garde robe, nous débarassons de la boue accumulée et nous faisons une dose d'occidentalité et de cinéma. Deux jours au chaud et c'est avec une certaine excitation que nous prenons le bus pour Cusco, la vallée sacrée et le Machu Picchu.

Tuesday, 24 February 2009

Chachapoyas

Chachapoyas, capitale de la province Amazonas se situe dans les montagnes du Nord du pays, à trois heures du début de la grande forêt équatoriale. La région de Chachapoyas, largement en dehors du circuit touristique Péruvien habituel, est pourtant l'une des plus riches en sites archéologiques. La "malchance" de Chachapoyas est comme le reste du Nord péruvien de n'avoir été habitée que tardivement et rapidement par les Incas sur lesquels se concentre l'intérêt des touristes occidentaux. Chachapoyas était en effet au coeur d'une civilisation du même nom qui régna sur les pentes escarpées et les forêts nuageuses de la région pendant près de milles ans avant leur conquête par les Incas vers 1470.

Le centre de Chachapoyas conserve son ambiance coloniale grâce à ses nombreuses maisons originales aux murs blancs dont les parties basses sont peintes de couleur bordeaux. Chachapoyas est également la seule ville à proprement parlé de la région et sert de base à l'exploration de vallées alentours. Nous optons cette fois-ci pour une ballade de quatres jours guidée afin de découvrir les sites archéologiques majeurs de la région mais égalament ses villages ruraux. La découverte le matin de notre départ de que notre compagne sera une américaine cinquantenaire ne parlant pas un mot d'espagnol ne présage rien de bon et on passera en effet une bonne partie des trois jours en sa compagnie à, soit faire de la traduction, soit l'écouter parler de ses fils redneck de Hayfork California! Sa présence rend quasi impossible le maintient d'une conversation fluide avec notre guide, jeune péruvien étudiant en droit, ce qui est bien dommage.
Après la visite des tombeaux de Karajia, où des sarcopahges sont ancrés à des aspérités de la falaise, le programme est vite mis à l'épreuve du fait de l'état des routes après plusieurs mois de pluie. On passe difficilement un minibus enfoncé dans la boue jusqu'aux essieux et abandonnons la voiture face un poid-lourd pris en travers de la route. On découvre après deux heure de marche la vallée de Belen, havre de paix pour bétail au milieu de laquelle serpente de milles va-et-vient une rivière au cours paisible. Le chemin se poursuit le long d'un sentier pré-Inca de pierres rendues extrêmement glissantes par la pluie et nous tombons plus d'une fois. On découvre les ruines d'un village chachapoyas, charactérisé par ses plateformes et ses habitations circulaires. Nous atteignons finalement de nuit notre première étape après 7 heures de marche, le village de Congón, spécialisé dans la culture du café. Nuit spartiate dans un décor spartiate. Nos affaires sont trempées et pleines de boue et on espère que la journée de cheval qui nous attend le lendemain sera une bonne occasion pour sécher.
Nous commençons donc notre deuxième journée à dos de mules et ces animaux gagnerons rapidement notre respect à la vue du chemin emprunté. Il s'agit de sortir de la vallée et les mules nous emmènerons à travers près de 1000 mètres de dénivelé. Le chemin est extrêmement pentu et accidenté et les mules toujours poussées de l'avant par notre guide et le mulletier gardent le pied ferme. Notre espoir de sécher est lui réduit à néan. Il pleut une bonne partie de la journée et les mules qui ont régulièrement de la boue jusqu'au ventre nous éclaboussent alègrement. Une fois au col, les mules, à bout de souffle, entament le chemin du retour alors que nous continuons à pied. La pluie fait à nouveau son apparition mais cette fois-ci avec force et nous sommes sauvés de trois heures de marche par un père et son fils qui nous prennent en stop jusqu'à notre auberge. Nous sommes une fois de plus trempés mais cette fois-ci il y a de l'eau chaude et l'on se douche. Après le dîner nous aprennons que c'est l'anniversaire de Robert, le patron, et nous passons la soirée à boire de la bière à la manière Péruvienne (un verre qui tourne pour toute la table), à écouter sa collection de tubes internationnaux des années 80 et à danser.

Aujourd'hui est le clou de notre visiste dans la région car nous allons à Kuélap, la place forte Chachapoyas. Biensur une fois de plus rien ne se passe comme prévu et la voiture qui nous y emmène tombe en panne après 5km, odeur d'embrayage cramé et plus rien ne bouge. On passe une heure dans la voiture arrêtée en pleine route à se protéger de la pluie jusqu'à se qu'arrive un remplacement. Le site de Kuélap approche petit à petit jusqu'à ce que nous nous trouvions soudainement au pied de murs collossaux de 20 mètres de haut. La cité, juchée sur son promontoire mesure 600 mètres de long par plus de 100 de large. Le site semble avoir pris forme au 6ème siècle et fut habité jusqu'au début de l'ère coloniale. Les Chachapoyas y reignèrent en maitre jusqu'à leur défaite contre les Incas vers 1470. L'entrée au site se fait par trois couloirs qui grimpent vers la plateforme principale. Ces ouvertures, seules de toute la périphérie se ressèrent petit à petit jusqu'à ne laisser passer qu'un seul homme en faisant un couloir d'étranglement permettant une défense optimum. Sur la plateforme principale se dresse un second niveau depuis lequel un fort domine les vallées environnantes. Durant notre visite le site est pris dans la brume rendant l'atmosphère particulièrement mystérieuse. La ville est composée de près de 500 habitations circulaires, certaines ornées de frises décoratives. Le site laisse une impression de grandeur et on en repart humide mais bluffé. Comme disent les gents de la région, il y a Machu Picchu au Sud et Kuélap au Nord. On ne sait pas encore ce que va donner le joyau du continent mais Kuélap n'a pas fait défaut à sa réputation.
Nous finissons notre séjour dans la région par la visite du musée Leimebamba, dépositaire des 200 momies extraitent du site de la laguna los condores, puis par la visite du mausolée de Revash accroché à une falaise. Nous repartons finalement avec une vision assez globale de la région et de la culture Chachapoyas qui reste encore méconnue et qui étonne par ses villes suspendues et ses innombrables sites mortuaires. Après une dernière nuit en ville, une douche chaude et un changement bienvenu de tenue, c'est encore une fois l'heure du départ avec devant nous 23 heures de bus juqu'à Lima marquées par de nombreux arrêts pour cause d'éboulis sur la route.

Wednesday, 18 February 2009

Huanchaco et Trujillo

Une nouvelle nuit de bus et un taxi plus loin et nous voilà à Huanchaco. On ne reconnait pas trop dans cette station balnéaire de vingt milles habitants le petit "village de pêcheurs à deux rues" dont nous avaient parlé nos rencontres. Nous sommes fatigués et finissons par nous installer en début d'après-midi après une longue attente dans notre hôtel de "bord de plage". Huanchaco ne correspond pas vraiment à nos espérances. Nous sommes en plein désert, ça on s'y attendait, l'hôtel de "bord de mer" est séparé de la plage par la route et la dite plage semble servir de poubelle à beaucoup de monde. Nous faisons un ou deux allers-retours le long de la côte, allons au bout de la jetée, montons voir la vue depuis l'église qui surplombe la baie, passons au marché et déjà nous avons une meilleure opinion du village. Nous sommes ici pour deux raisons. Tout d'abord il y a la possibilité de surfer et ensuite il y a dans la région une ville coloniale et plusieurs sites archéologiques très réputés des civilisation Moche (à prononcer avec l'accent!) et Chimu. Nous passons donc finalement trois jours et demi ici à alterner visites et plage. Charlotte finit même par se laisser tempter et se lève sans effort sur une planche de surf. Il faut admettre qu'une fois le week-end passé la plage est bien plus calme et propre et on se prend même à trouver l'endroit agréable.
Niveau visite nous découvrons la cité d'adobe de "Chan-Chan" appartenant à la civilisation Chimu. Il n'en reste pas grand chose car la pluie a largement joué son rôle érosif sur les briques en adobe. Sur neuf palais, seulement un se visite et durant toute la visite nous avons l'étrange impression, plus tard confirmée, de voir quelque chose de quasi entièrement reconstruit (et non pas restauré). Les bas reliefs et frises à motifs reprennant l'imageries de la mer et de la pêche ont en effet été presque tous refait récemment sur le modèle des deux ou trois motifs restants.

Bien plus intéressant est la "Huaca de la Luna" ou centre cérémonial de la culture Moche (toujours avec l'accent!). Le site en forme de pyramide a pour particularité d'avoir été reconstruit à chaque changement de régime politique. Les fouilles ont donc permis de révéler la présence de cinq temples successifs superposés mais identiques dont les quatres ensevelis sont parfaitement conservés. Les murs sont couverts de fresques, de bas reliefs représentant le visage de leur dieu mi-homme, mi-poulpe, mi-félin. La visite se termine par la découverte de la façade principale de cinq étages également recouvertes de motifs répétitifs et peints représentants serpents, pêcheurs, visages de dieux et autres. Le site est vraiment impressionant et sa visite nous réconcilie avec l'archéologie après la déception de Chan-Chan. La Hauca de la Luna était un lieu de sacrifice où se déroulait un combat rituel que nous avions découvert sur des poteries exposées au musée Larco de Lima. Le vainqueur était celui qui réussissait en premier à arracher la coiffe de son adversaire. Le perdant était pris en charge par les prêtres, dénudé puis éxécuté. Il nous semble compréhensible que le dieu homme-poulpe-félin se soit faché de ne se voir offrir que des perdants et ait décidé de retirer sa protection aux Moche qui finirent par disparaitre au profit de la culture Chimu.


Notre séjour côtier prend fin et nous remontons une fois de plus dans un bus de nuit en direction des montagnes du Nord, de la ville de Chachapoyas et de la civilisation pré-Inca du même nom.

Saturday, 14 February 2009

Huaraz et la Cordilière Blanche

Une fois de plus la nuit dans le bus fut éprouvante. Heureusement nous avions réservé une chambre d'hôtel, le taxi nous attend et nous pouvons nous recoucher pour quelques heures histoire de finir convenablement une nuit qui avait débuté sous le signe du ronflement de notre voisin et d'une route de montagne bien cabossée. Huaraz est une petite ville de montagne de près de 80 000 habitants dont le rhytme nous offre un répit bienvenu après le chaos de Lima. Nous passons notre première jounée en ville à prendre nos repères et à évaluer les possibilités des jours à venir. Le temps et l'arrivée d'une averse diluvienne nous donne une bonne impression de ce à quoi pourrait ressembler le treck 2000 mètres au dessus de la ville et nous décidons finalement de nous concentrer sur la visite du site archéologique de Chavin avant de nous diriger vers la côte et la ville de Trujillo réputée pour son éternel printemps. Nous sommes donc en place, avons notre billet de bus pour 21h30 et avons toute la journée du lendemain pour effectuer les 6 heures de bus aller-retour vers les ruines et la visite.
La compagnie de bus Chavin Express qui se charge de relier la ville à l'ensemble des villages de la vallée de Chavin nous apparait comme louche dès le second virage. L'attendant du bus s'avère en fait être un vendeur ambulant de produits naturels contre les rhumatismes qui bassine le bus pendant près de 45 minutes à coup de "Señor" et "Señora" et vantant les bienfaits des innombrables plantes médicinales du pays. Heureusement le tout ne dure pas et il disparait au premier village. Au delà la route est belle et se perd petit à petit dans la brume, passe un col à près de 4000 mètres avant d'entamer une descente vertigineuse à flanc de falaise. On sert les fesses plus d'une fois! Nous traversons le village aux maisons colorées en direction des ruines.
Le site servait de lieux de formation pour l'élite religieuse où les novices apprenaient les techniques de chamanisme telles que la préparation de la drogue hallucinogène à base de cactus San Pedro centrale à toute cérémonie religieuse. Ils apprenaient également à déchiffrer les mouvements des étoiles et de ce fait à prédire l'arrivée des pluies, des changements de saison, de el Niño, et de ce fait d'établir le pouvoir de la classe religieuse sur le peuple. Le complexe est composé de deux places et d'une pyramide dont le coeur est creusé de multiples galeries. Certaines servaient de lieu de méditation aux apprentis où ils passaient de longues périodes dans le noir le plus complet alors que d'autres semblent avoir servi de grenier où le maïs était conservé. On finit la visite et nous postons sur la route à guetter le bus une cuisse de poulet frit accompagnée de frites entre les mains. Autour, les jeunes du village, en prévision de l'arrivée prochaine du carnaval se lancent des bombes à eau de part et d'autre.
Et nous qui pensions avoir tout vu avec notre trajet aller. Le bus qui devait passer dans le village à 15h30 est finalement arrivé complètement blindé de monde à 16h avec l'intendant du bus en train de gesticuler. Comme beaucoup on a cru qu'il disait qu'il n'y avait de la place que pour 5 personnes et tout le monde s'est précipité car il ne devait plus y avoir de bus de la journée. Plus de 15 personnes sont rentrées et le bus est reparti. Ce que notre homme gesticulait n'était pas le nombre de places restantes mais l'augmentation de prix. Le prix normal est de 10 soles mais son bus étant blindé et qu'il n'y en avait pas d'autres il arnaquait les gens en les faisant payer 5 soles de plus. Les gens essayaient de protester mais il les menaçait de les faire descendre du bus au milieu de la campagne en pleine montagne... En attendant tout le monde était entassé comme du bétail et le bus continuait de s'arrêter pour faire monter plus gens. Le voleur, en attendant, passait lui au milieu de l'amas de monde en réclamant l'argent et en nous disant à tous de s'enfoncer plus vers le fond pour qu'il puisse tasser plus de monde. Finalement vers 4500m, en plein milieu du trajet, le bus étant tellement plein, les amortisseurs arrières lâchent! On se retrouve alors sous la pluie à attendre que le chauffeur et le voleur entassent des bouts de bois et un cric afin de monter le bus suffisamment haut pour remettre les pièces en place à coups de marteau. Nous ne pouvions que suivre le tout d'un oeil inquiet car notre bus pour la plage partait de Huaraz a 21h30 et que l'heure tournait.
Nous sommes finalament arrivés juste à temps pour le départ de notre bus et malgrès le cauchemar avons fait la rencontre de pleins de gens supers sympas. Nous n'étions en effet que trois étrangers dans le bus et les gens étaient très curieux de savoir d'où l'on venait et très interressés de parler de l'Europe et de notre perception du Pérou. C'est finalement toujours ce genre de moments qui laissent les meilleurs souvenirs!

Wednesday, 11 February 2009

Lima

L'arrivée dans une grosse ville que l'on ne connait pas est toujours assez destabilisante et ce d'autant plus quand il y a des policiers armés à chaques coins de rue et des blindés sur la place principale. C'est finalement comme partout et avec un minimun de bon sens et en faisant un minimun attention, notre séjour à Lima se déroule sans accros et on en repart même avec une bonne impression. Le centre historique est très vivant pendant la journée avec ses nombreux restaurants pour travailleurs locaux qui servent des déjeunés sous forme de menu à des prix imbattables. Les rues sont majoritairement bordées de bâtiments coloniaux arborants de superbes balcons en bois et la ''Plaza de Armas'' malgrés ses blindés a beaucoup d'allure. La ville bénéficie très visiblement de la croissance économique du pays, de nombreux quartiers sont en rénovation et les travaux de voirie sont omniprésents. Au sud de la ville et sur le front de mer, le quartier de Miraflores offre un regard bien différent sur la ville. Ici l'on trouve tout ce que le monde moderne compte de marques vestimentaires et chaines de fast-food. Le front de mer est bordé de tours de logements modernes et au coeur du grand centre commercial Larco-Mar on pourrait se trouver n'importe où.
Le clou culturel de Lima est la visite du musée Larco du nom de son fondateur qui exhibe une collection de céramiques, de tissus et de bijoux en or tout à fait impressionante. A travers cette collection on découvre le nombreuses civilisations Péruviennes qui ont précédé les Incas. Les Incas ont en effet atteint leur "statut international" pour deux raisons: tout d'abord les Incas ont fini par conquérir toutes les autres civilisations du Sud de l'Equateur au Nord du Chili mais surtout les Incas ont eu la "chance" de se trouver au pouvoir lors de l'arrivée des Espagnols et ont donc naturellement été au centre de nombreuses chroniques de l'époque et ensuite des premières fouilles archéologiques. On découvre ici que, aux côtés de quelques autres régions du globe, le Pérou actuel englobe ce qui est considéré comme un berceau de civilisation. Ces zones sont charactérisées par l'apparition de civilisations de manière indépendante et autonome. Chaque région géographique du Pérou fut en fait le site de développement et d'évolutions de civilisations aux charactéristiques distinctes qui furent par la suite conquisent et englobées dans l'univers Inca. Il est important de réaliser que les Incas dont l'empire débute au 13ème siècle ne dominèrent qu'un bref instant l'intégralité du territoire allant de l'actuel Quito au Nord jusqu'à Santiago au Sud, et ce de 1471 à l'arrivée des Espagnols en 1532. Le reste de notre séjour au Pérou nous emèmera donc à travers différentes région et à la rencontre des Incas biensûr mais également de différentes civilisations pré-Incas tels que les Chavin de la cordilière blanche, les Chimú et Moche de la côte Nord et les Chachapoyas des montagnes du Nord qui pour certaines datent du début de notre ère.
Nous quittons une fois de plus une ville de nuit et en bus, et faisons route vers la ville de Huaraz aux pieds de la Cordilière Blanche à travers laquelle, si le temps le permet, nous espérons marcher et où se trouve les ruines du complex religieux de Chavin.

Sunday, 8 February 2009

Canyon de Colca

Nous quittons Arequipa tôt le matin pour le canyon de Colca que nous atteingnons après plus de 3 heures de route à plus de 4000 mètres d'altitude. À son point culminant la route passe un col à 4800 mètres et nous ne pouvons nous empêcher d'avoir une pensée pour notre bon vieux Mont Blanc que nous venons quasiment d'atteindre en bus. Ici, région volcanique la terre fume et tout parrait assez irréel. Le passage du col est suivit d'une descente vertigineuse qui laisse soudainement apparaître l'entrée de la vallée de Colca, le village de Chivay et la multitude de terrasses taillées dans les parois des générations d'agriculteurs. Notre premier arrêt suivant les recommendations de Benjamin, Français résident d'Arequipa et connaissant bien la région est le village de Yanque. Le village est organisé autour d'une jolie place et de son église coloniale, entourées de ruelles bordées de maisons en adobe aux toits de tôle. On trouve facilement l'auberge qu'il nous avait conseillée, nous nous installons, lassons nos chaussures de marche et partons à travers champs en direction du canyon et des ruines d'un village pré-hispanique situé sur l'autre rive de la rivière Colca. La rivière se traverse ici grâce à un pont suspendu offert on ne sait trop pourquoi en 1991 par le gouvernement canadien. De l'autre côté on peut voir les habitants travailler leurs champs de maïs, de blé ou de quinoa. Les gens croisés sur le chemin ont tous la pelle sur le dos et on peut enfin apprécier de près le travail de terrassement effectué pour dompter les pentes du canyon et rendre la vallée productive. Les ruines, en relativement bon état grâce à un travail de rénovation récent, sont parcourues de canaux d'irrigations et offrent une belle vue sur la vallée. Nous sommes malheureusement vite rattrapés par la réalité de la saison des pluies et nous nous faisons encercler par deux orages. Nous rentrons une fois de plus trempés au village où nous découvrons Délia, Alpaga et animal de compagnie de l'auberge et on passe pas mal de temps à l'observer de près ce qui a l'air de lui plaire que moyennement. On finit notre première journée par un dîner dans l'un des restaurants du village avec menu unique: potage de légumes en entrée et riz avec macédoine de légumes au fromage en plat principal. On apprendra par la suite que c'est grossomodo le menu unique de la région et qu'il se mange matin, midi ou soir.

On se réveille un peu frigorifiés après la nuit la plus haute de nos vies à 3600 mètres. Il est 4h30 et on espère bien ne pas avoir raté le bus du matin pour continuer vers le coeur du canyon. Comme toujours dans ces cas là on voit un bus s'éloigner dès qu'on met un pied dehors et on espère qu'il y en a en effet plus d'un. Le bus arrive enfin après 30 minutes glaciales. Il est plein à craquer car aujourd'hui commence la fête de la vierge à notre destination et on passe donc 3 heures debout dans les virages du canyon à regarder la lumière changer à l'extérieur. Dans le bus les femmes portent toutes l'habit traditionnel. C'est un concours de broderies multicolores qui décorent leur gilet, leurs jupes et leur chapeau. Elles ont toutes l'air bien sérieuses mais fondent au premier bonjour. Nous arrivons, toujours un peu endormis, évitons l'arnaque locale qui consiste à te vendre un ticket touristique dont tu n'as pas besoin pour descendre dans le canyon et posons nos affaires dans l'auberge où nous passerons la nuit. Le programme d'aujourd'hui est de descendre les 1200 mètres qui nous séparent du fond du canyon et, qui sait, de visiter un ou deux villages en face. La descente de 2 heures est superbe. On atteint le bord du canyon à travers les champs de maïs en terrasse et découvrons un spectacle grandiose. Le canyon est en effet gigantesque, le fond est comblé d'une mer de nuages qui ajoute à l'impression d'altitude et bien au dessus de nous les sommets enneigés montent la garde. La piste va et vient le long du précipice et petit à petit les nuages se dissipent et laissent apparaître la rivière Colca et la roche ocre à travers laquelle elle se fraie un chemin. Sur notre chemin on croise nombre de muletiers qui relient les villages les plus perdus à la route, en assurent le ravitaillement et exportent la production agricole. Au fond du canyon nous attend ''l'Oasis''. On nous avait prévenu et ça n'a pas manqué, une fois en maillot et installé au bord de la piscine il est impossible de repartir. Ici en bas au soleil il fait chaud et notre idée de visiter les villages de la rive droite du canyon est oubliée. On trouve tout juste la motivation en fin de journée de remonter de notre côté et heureusement on se fait à nouveau prendre par la pluie qui nous évite de sérieusement surchauffer. Après 2h30 de montée c'est douche, dîner et au lit alors que dehors les fanfares battent leur plein. Au réveil, tout le monde a l'air hagard dans le village mais la fanfare joue et on se demande si elle ne s'est jamais arrêtée. Il est temps pour nous de reprendre le bus pour Arequipa et on se dit qu'on serait bien resté plus longtemps à explorer la région... se sera pour un prochain voyage.

Thursday, 5 February 2009

Arequipa

Arequipa, avec près de 800 000 habitants, est la seconde ville du Pérou. Elle est connue sous le nom de la ville blanche du fait de l'utilisation du sillar, roche volcanique de couleur blanche, pour la construction de tout son centre historique. C'est notre premier contact avec le Pérou après un très long trajet depuis San Pedro de Atacama, un passage de douane sur la banquette avant d'une vieille voiture américaine partagée avec 3 autres voyageurs aux aurores et une légère arnaque de la part d'une compagnie chilienne qui prend avantage de notre fatigue et nous vend le ticket pour le bus péruvien à un prix bien plus que chilien. Tanpis, ça nous apprendra à ne pas suivre les conseils du guide. On arrive donc en ville sous la pluie et on passe le plus clair du trajet de taxi depuis la station de bus à se demander si on va dans la bonne direction. On arrive à bon port et on entame la découverte de la ville qui semble pleine de charme. Le climat est clément, la ville est belle et la présence d'une crêperie à l'alliance française, et en face d'un bar-restaurant tenu par des français pleins de bons conseils sur la région nous aide dans notre acclimatation. Le clou du spectacle ici, mis à part la présence impossible à ignorer de trois volcans culminant à près de 6000 mètres au dessus du centre ville, est le Monasterio de Santa Catalina.
Ce couvent, bien plus qu'une simple bâtisse est une veritable ville dans la ville. Le monastère fut bâti sur des terrains donnés par la municipalité et fut enfin complété et inauguré en 1579 grâce aux dons de Doña María de Guzmán, qui, veuve et sans enfant devint la fondatrice, première habitante et mère supérieure du couvent. Les soeurs de ce couvent vivaient selon trois principes, la prière pour communiquer avec Dieu, la méditation pour communiquer avec soi-même et le travail pour communiquer avec la communauté extérieure. Ce couvent devint le lieux de résidence des secondes filles de tout ce que la ville connu comme familles nobles. Ces filles, destinées à entrer dans les ordres devenaient novices entre 12 et 14 ans et professaient leur voeux à 16 ans. L'extansion du couvent dépendit entièrement des familles des soeurs. A leur entrée, les jeunes filles amenaient une dote qui devait couvrir leurs dépenses durant toute leur vie, les familles leur contruisaient une habitation et leur donnaient des servantes qui en plus de les aider dans leur vie leur offraient un contact avec le monde extérieur. Ce style de vie privilégié et quelque peu éloigné de l'idée que nous nous faisons de la vie dans les ordres dura jusqu'au 19ème siècle lorsque le Pape d'alors fini par donner l'ordre que les soeurs d'Arequipa devaient se séparer de leur dote, de leurs servantes et esclaves, quitter leurs appartements privés et commencer une vie communautaire. Ces grands chamboulements n'ont pas du plaire à toutes... Le couvent connut de nombreux dégats suite aux tremblements de terre et éruptions volcaniques qui ébranlèrent la région. En 1970 face à de nouveaux dégats et à un nombre réduit de résidente, un bâtiment plus moderne fut construit dans l'enceinte du monastère pour accueuillir les soeurs alors que le couvent historique fut réhabilité et finalement ouvert au public. La communauté aujourd'hui assez réduite réside toujours dans l'enceinte du couvent et vit de productions artisanales et d'une partie des bénéfices du tourisme.
Nous passons donc trois jours en ville à profiter de l'architecture coloniale et à préparer notre prochaine étape. Arequipa est en effet la porte d'entré vers la vallée et le canyon de Colca réputé avec ses 3000 mètres de profondeur pour être le plus profond du monde.

San Pedro de Atacama

Nous sommes partis tôt le matin de Salta en direction du Chili et de San Pedro de Atacama, village oasis situé dans le désert d'Atacama, région la plus désertique au monde. Il y a en effet 7 ans que le village n'a pas connu de pluies conséquentes et la plus longue période de sécheresse connue pris fin après 400 ans en 1971. La route qui relie les deux villes nous fait passer une fois de plus par la région de Jujuy et les Quebradas du Nord que nous voyons défiler une dernière fois des fenêtres du bus. La route entame ensuite un longue montée à travers un paysage de montagne vertigineuse qui nous mène à nos premières visions de l'altiplano andin et de ce salar avant d'atteindre le point culminant de la route, le paso de Jama à 4750 mètres. La route entame ensuite une longue descente qui sillone entres deux volcans avant d'atteindre San Pedro de Atacama.

Nous sommes cette fois-ci pris au piège. Il n'y a aucun moyen de louer une voiture en ville et les différentes excursions ne sont du coup atteignable qu'en passant par l'une des nombreuses agences de voyages locales. On se résigne donc et prenons les services d'une agence pour découvrir la nature locale. Les sites sont splendides mais les agences ont comme politique de toutes offrir les mêmes excursions à la même heure et on se retrouve donc plusieurs fois à partager coucher et levé de soleil, dunes de sable, geysers avec 200 autres touristes... le pied! Notre séjour est tout de même loin d'être négatif. Nous rencontrons en effet à notre descente du bus Mario et Myriam, les propriétaires d'une petite auberge en lisière de village, chez qui nous passons 4 jours bien agréables dans leur maison en adobe au joli jardin et à la "piscine", bienvenue lorsque le soleil se montre plus fort que nous. Mario est extrêment avenant et nous apprend beaucoup sur la géologie de la région. Il laisse également transparaitre les enjeux politiques liés à cette géologie. Sous le salar d'Atacama se trouve la plus grande réserve mondiale de Lithium, cet élément chimique résidant au coeur de nos piles mais aussi également central à la construction de bombes à hydrogen ou au dévelopement de la fusion nucléaire et du projet ITER. Il nous raconte comment en 1960 un détachement de scientifiques internationaux se sont rendus sur le salar pour effectuer des premiers prélèvements. Comment 13 ans plus tard Pinochet pris le pouvoir avec un fort soutien des USA sous couvert de lutte contre les tendances communistes d'Allende et finalement comment l'année suivante une compagnie au capital exclusivement américain, justement nommée compagnie chilienne d'exploitation du Lithium, reçut les droits exclusifs d'exploitation des resources du salar.

Notre dernière nuit dans le désert se déroule sous les étoiles et avec les indication d'Alain, un astronome français installé dans la région. Il nous offre une introduction aux étoiles grâce à ses 5 telescopes et a son pointeur laser qui lui permet de rendre visible dans le ciel les différentes constellations. Dernière nuit puis dernière journée qui nous permet de voir le village pris d'assault par de nombreuses fanfares pour célébrer la fête de la Virgen de la Candelabra. Les formations de musiciens et danseurs aux costumes plus exhubérents les uns que les autres, monstres masqués, gorilles, yéthis, pocahontas et autres, défilent à travers le village sous un soleil de plomb pour le plus grands bonheur de la population locale et des touristes. Cette journée est une excellente transition qui nous éloigne de la culture chilienne que l'on a pu découvrir jusqu'ici et nous fait basculer dans l'univers des peuples andins qui mélangent alègrement catholisme et folklore local.

Monday, 2 February 2009

Salta

Notre dernière étape argentine se sera donc déroulée à Salta dans le Nord du pays. Nous arrivons en ville après notre périple en voiture et il fait bon de se pauser pendant quelques jours sans bouger. La ville nous acceuille avec ses bâtiments coloniaux, ses places verdoyantes et bien entretenues, ses rues piétonnes et ses cafés avec terrasse. Salta est réputée à travers le pays pour faire les meilleures empanadas du pays. On fait donc le tour des restos de quartier afin de juger par nous même. On profite également de ces derniers instants de civilisation "à l'européenne" avant de traverser une dernière fois la frontière avec le Chili, d'arriver dans le désert et de mettre ensuite le cap vers le Pérou.

Nous visitons le musée provincial d'archéologie de haute montagne qui exhibe les découvertes de l'expédition effectuée en 1999 vers le sommet du volcan Llullaillac, plus haut site arcghéologique connu actuellement culminant a 6700 mètres d'altitude. Sur ce site ont été retrouvées les 3 momies des "enfants du Llullaillaco" dont les restes furent conservés par le climat extrême du site. On apprend ici que la culture Inca célébrait nombre de cérémonies dédiées à la nature et à la fertilitée. Pour la plus importante d'entre elles, le Capacocha, certains villages envoyaient des quatres coin de l'empire des jeunes sélectionnés parmis les enfants des chefs locaux et faisant preuve d'une beauté exceptionnelle vers Cuzco. Là des mariages rituels étaient célébrés entre les enfants afin de créer des alliances et de maintenir des liens étroits entre la capitale et les régions éloignées de l'empire. Une fois le rituel terminé, les enfants et leurs accompagnateurs devaient retourner en ligne droite, parfois pendant des mois, jusqu'à leur village d'origine. Les enfants y étaient accueillis avec les plus grands honneurs. Ils devaient ensuite escalader jusqu'au sommet des plus hauts volcans, véritables dieux vivants, accompagnés de prêtres où ils étaient soualés et, une fois endormis, déposés dans des tombes afin qu'ils retrouvent leurs ancêtres et puissent veiller sur leur communauté et l'empire. Le musée offre à ses visiteurs la possiblitée de découvrir l'une de ces momies dont la vision est plus que troublante. La jeune fille de 15 ans est pour ainsi dire intacte et il est difficile d'imaginer que cette personne était en vie il y a plus de 500 ans.

Avec Salta se finit notre long passage en Argentine qui nous aura donné l'occasion de découvrir un pays aux paysages fabuleux et ayant une population à multiples facettes qui reflète la diversité de ses origines et de son histoire.

Monday, 26 January 2009

Tucuman - Humahuaca par la Ruta 40 Norte et les Quebradas

Voilà maintenant près de deux semaines que nous étions en ville et les grands espaces commençaient à nous manquer. Nous arrivons tôt à Tucuman après une nuit difficile dans le bus et sans aucune envie de visiter la ville mais avec l'idée de foncer vers la montagne pour profiter de l'air frais et, qui sait, marcher un peu. Sans trop savoir où nous diriger pour trouver le bus que nous cherchions nous nous arrêtons vite fait au bureau d'information touristique pour quelques renseignements. On ne sait toujours pas vraiment ce qui s'est passé mais en 10 minutes nous voilà sac sur le dos et carte routière à la main en direction du loueur de voiture pour ce qui allait être une des meilleures prise de décision spontannée depuis le début du séjour. Le plan: 1200km en cinq jours à travers la jungle, les vallées arides, la montagne, les vignes de Cafayate et les gorges des vallées Calchaquies pour rallier Humahuaca.

Jour 1 - Nous voilà donc au volant de notre nouvelle petite corsa, le réservoir plein et la radio qui grésille en direction de Tafi del Valle. La route 307 nous fait sortir de la plaine agricole de Tucuman et nous guide le long d'une vallée encaissée aux paroies couvertes de jungle. Nous avions tellement entendu parler de la sècheresse du Nord que nous sommes tous les deux très surpris de cette première étape. Avec l'altitude, la jungle se disperse petit à petit et laisse place à un paysage bucolique de larges vallées de paturages, surplombées de moyennes montagnes. Dans la précipitation de notre départ inattendu nous avions oublier d'acheter de quoi nous ravitailler et nous nous arrêtons dans la charmante localité au nom non moins charmant de "El Mollar" pour un casse croute. Il y a des fois où l'on se dit que malgrès nos nombreux voyages on a vraiment rien appris. On s'arrête on ne sait pourquoi dans le bouiboui le plus vide du village où même les "serveurs" ont l'air surpris de recevoir quelqu'un. On s'assoit et commandons deux Choripans, spécialité argentine consistant en un sandwich de chorizo à la braise. Charlotte, faisant face au bbq, assite avec horreur au maniement expert dans la même main du chef de la serpière dégueulasse, qui avait déjà essuyé notre table et Dieu sait quoi d'autre, et tour à tour le pain, le couteau et la saucisse qu'il tripote de ses petits doigts boudinés. En deux deux on établit un plan de secours. Une fois servi, on joue de nos dons d'acteur pour, tout en faisant semblant de manger, faire disparaitre bout à bout la saucisse mortelle dans un sac plastique après avoir essayer, sans succès, de la refourguer au chien du resto. On aura finalement bien rigolé et perdu 12 pesos avant de s'asseoir ce coup-ci à la terrasse la plus pleine possible du village. La journée se finit sans accros, on fait le tour des vallées alentours, profitons de la superbe lumière de fin de journée et dormons à Tafi del Valle.

Jour 2 - On reprend la route en direction de Cafayate sans trop savoir jusqu'où nous irons aujourd'hui. A croire que nous n'arriverons jamais à prévoir quelque chose de définitif en avance! La route 307 débouche aujourd'hui sur la fameuse route nationale 40 qui traverse le pays du Nord au Sud. Le paysage change encore très rapidement. La route monte jusqu'au col de l'Infiernillo dont le passage marque la fin des pâturages et l'arrivée du désert. Sans prévenir, au détour du premier virage nous entrons dans le monde des cactus. La route nous enmène proche d'un petit canyon à travers lequel nous nous délions un peu les jambes puis aux ruines de Quilmes, lieu de résistance indien à l'invasion espagnol dont l'histoire ne manque pas de rappeler un certain village d'irréductibles Gaullois. En route nous prennons deux jeunes Argentins. Dans la discussion nous apprenons qu'il travaillent pour la companie en charge des banquets de la Présidente et que celle-ci à l'encontre des traditions du pays est végétarienne et que son mari a un fort penchant pour le vin rouge national.
Nous atteignons enfin Cafayate dont la place centrale nous offre un rapide répit en terrasse de café avant d'entamer l'un des clous de notre périple, la Quebrada de las Conchas où l'eau a taillé dans la roche multicolore un dédale de formes rocambolesques et de canyons. Arrivés à l'extrémité Nord de la gorge, nous décidons de rebrousser chemin vers Cafayate pour récupérer le lendemain la route 40 qui traverse vers le nord la vallée Calchaquies en direction du village de Cachi. Arrivés tard à Cafayate sous une tempête de grêle et des coups de tonnerre, il nous faudra finalement près d'une heure et la visite d'une vingtaine d'hotels avant de trouver une chambre sur-évaluée et dans la partie toujours en construction d'un hotel aux abords du village.

Jour 3 - Et dire que nous avons failli éviter cette section de la route! Nous commençons la journée par une visite et dégustation à la Bodega Estaco, vieille batisse coloniale d'un blanc éclatant entourée de vignes. Une grande partie de leur récolte a d'ailleurs était détruite par l'orage d'hier au soir. Nous y apprenons les détails du procédé de vinification et goûtons à quelques unes des productions locales dont le blanc Torontes, spécialité de la région. Temps de reprendre la route. Après une vingtaine de kilomètres vers le Nord, le bitume prend fin et la piste commence. Très vite, ce qui était une belle route devient un spectacle irréel. La piste va et vient, monte puis plonge au milieu de gorges, colonnes de pierres, rivières asséchées et au travers de villages aux maisons en adobe et aux cimetières colorés. Les 160km à couvrir nous prennent finalement toute la journée. Tant les paysages sont beaux, nous roulons aux alentours de 40km/h et arrêtons la voiture toutes les 5 minutes pour profiter des vues et remplir la carte de l'appareil photo. La route prend fin au village de Cachi dont la municipalité prend soin d'entretenir le village et de conserver au mieux les maisons traditionnelles.

Jour 4 - Nous quittons la route 40 et les vallées Calchaquies pour rejoindre le village de Tilacara et la quebrada de Humahauca. La route nous emmène à travers le parc national des Cardones protégeant une vaste étendue de cactus dont les formes sont dignes des meilleurs westerns spaghettis. Une fois de plus nous sommes sous le choc de la rapidité avec laquelle les payasages peuvent changer. On passe un col et les cactus disparaissent pour une fois de plus laisser place aux vaches et aux pâturages. Une vallée plus loin, nous trouvons un lieu de picnic idyllique dans la Valle Encantada, sous un ciel bleu, entourré de roches rouges, d'herbe verte et de fleurs multicolores. L'après-midi nous réserve encore quelques surprises, le paysage change sans cesse, les cactus reviennent, et puis enfin, la jungle et la plaine agricole en arrivant à Salta. La fin de journée nous enmène jusqu'à Tilcara à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca où nous entrons en contact avec peu de plaisir avec le tourisme massif de backpackers argentins. Le village ne nous dit rien de bon au premier abord mais nous nous trouvons une chambre dans une pension de famille bien sympathique et notre tour du village le soir nous met nez à nez avec deux fanfares, et un instant on se croirait en été sur les bords de Seine un soir de fête de la musique.

Jour 5 - La fin de la route. On atteint la dernière vallée de notre périple, visitons le village de Humahuaca et rentrons à Tilcara faire une marche vers la Garganta del Diablo, ballade du dimanche classique des habitants de Tilcara qui longe un ruisseau à travers des parroies vertigineuses jusqu'à une petite cascade.

Ces quelques jours nous aurons offert une superbe vision sur les paysages majestueux de la région et sur une toute autre facette de la nation argentine. D'un côté l'Argentine moderne, ses touristes, ses exploitations vinicoles à portée internationale, ses villes et centres commerciaux offrant les marques que nous connaissons tous. De l'autre nous découvrons une Argentine bien plus pauvre qui, il y a une cinquantaine d'année, avait déjà marquée le jeune Ernesto Guevara du fait du contraste par rapport au reste du pays. La population, fortement indigène des vallées Calchaquies vit dans des villages bien loin du comfort moderne, dont les habitations rudimentaires en adobe, ces briques de terre séchées au soleil, malgrès leur charme pittoresque, sont souvent dépourvues de fenêtres et semblent être toujours ancrés à une époque depuis longtemps oubliée par le reste du pays.