Thursday, 5 February 2009

San Pedro de Atacama

Nous sommes partis tôt le matin de Salta en direction du Chili et de San Pedro de Atacama, village oasis situé dans le désert d'Atacama, région la plus désertique au monde. Il y a en effet 7 ans que le village n'a pas connu de pluies conséquentes et la plus longue période de sécheresse connue pris fin après 400 ans en 1971. La route qui relie les deux villes nous fait passer une fois de plus par la région de Jujuy et les Quebradas du Nord que nous voyons défiler une dernière fois des fenêtres du bus. La route entame ensuite un longue montée à travers un paysage de montagne vertigineuse qui nous mène à nos premières visions de l'altiplano andin et de ce salar avant d'atteindre le point culminant de la route, le paso de Jama à 4750 mètres. La route entame ensuite une longue descente qui sillone entres deux volcans avant d'atteindre San Pedro de Atacama.

Nous sommes cette fois-ci pris au piège. Il n'y a aucun moyen de louer une voiture en ville et les différentes excursions ne sont du coup atteignable qu'en passant par l'une des nombreuses agences de voyages locales. On se résigne donc et prenons les services d'une agence pour découvrir la nature locale. Les sites sont splendides mais les agences ont comme politique de toutes offrir les mêmes excursions à la même heure et on se retrouve donc plusieurs fois à partager coucher et levé de soleil, dunes de sable, geysers avec 200 autres touristes... le pied! Notre séjour est tout de même loin d'être négatif. Nous rencontrons en effet à notre descente du bus Mario et Myriam, les propriétaires d'une petite auberge en lisière de village, chez qui nous passons 4 jours bien agréables dans leur maison en adobe au joli jardin et à la "piscine", bienvenue lorsque le soleil se montre plus fort que nous. Mario est extrêment avenant et nous apprend beaucoup sur la géologie de la région. Il laisse également transparaitre les enjeux politiques liés à cette géologie. Sous le salar d'Atacama se trouve la plus grande réserve mondiale de Lithium, cet élément chimique résidant au coeur de nos piles mais aussi également central à la construction de bombes à hydrogen ou au dévelopement de la fusion nucléaire et du projet ITER. Il nous raconte comment en 1960 un détachement de scientifiques internationaux se sont rendus sur le salar pour effectuer des premiers prélèvements. Comment 13 ans plus tard Pinochet pris le pouvoir avec un fort soutien des USA sous couvert de lutte contre les tendances communistes d'Allende et finalement comment l'année suivante une compagnie au capital exclusivement américain, justement nommée compagnie chilienne d'exploitation du Lithium, reçut les droits exclusifs d'exploitation des resources du salar.

Notre dernière nuit dans le désert se déroule sous les étoiles et avec les indication d'Alain, un astronome français installé dans la région. Il nous offre une introduction aux étoiles grâce à ses 5 telescopes et a son pointeur laser qui lui permet de rendre visible dans le ciel les différentes constellations. Dernière nuit puis dernière journée qui nous permet de voir le village pris d'assault par de nombreuses fanfares pour célébrer la fête de la Virgen de la Candelabra. Les formations de musiciens et danseurs aux costumes plus exhubérents les uns que les autres, monstres masqués, gorilles, yéthis, pocahontas et autres, défilent à travers le village sous un soleil de plomb pour le plus grands bonheur de la population locale et des touristes. Cette journée est une excellente transition qui nous éloigne de la culture chilienne que l'on a pu découvrir jusqu'ici et nous fait basculer dans l'univers des peuples andins qui mélangent alègrement catholisme et folklore local.

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