Thursday, 5 February 2009

Arequipa

Arequipa, avec près de 800 000 habitants, est la seconde ville du Pérou. Elle est connue sous le nom de la ville blanche du fait de l'utilisation du sillar, roche volcanique de couleur blanche, pour la construction de tout son centre historique. C'est notre premier contact avec le Pérou après un très long trajet depuis San Pedro de Atacama, un passage de douane sur la banquette avant d'une vieille voiture américaine partagée avec 3 autres voyageurs aux aurores et une légère arnaque de la part d'une compagnie chilienne qui prend avantage de notre fatigue et nous vend le ticket pour le bus péruvien à un prix bien plus que chilien. Tanpis, ça nous apprendra à ne pas suivre les conseils du guide. On arrive donc en ville sous la pluie et on passe le plus clair du trajet de taxi depuis la station de bus à se demander si on va dans la bonne direction. On arrive à bon port et on entame la découverte de la ville qui semble pleine de charme. Le climat est clément, la ville est belle et la présence d'une crêperie à l'alliance française, et en face d'un bar-restaurant tenu par des français pleins de bons conseils sur la région nous aide dans notre acclimatation. Le clou du spectacle ici, mis à part la présence impossible à ignorer de trois volcans culminant à près de 6000 mètres au dessus du centre ville, est le Monasterio de Santa Catalina.
Ce couvent, bien plus qu'une simple bâtisse est une veritable ville dans la ville. Le monastère fut bâti sur des terrains donnés par la municipalité et fut enfin complété et inauguré en 1579 grâce aux dons de Doña María de Guzmán, qui, veuve et sans enfant devint la fondatrice, première habitante et mère supérieure du couvent. Les soeurs de ce couvent vivaient selon trois principes, la prière pour communiquer avec Dieu, la méditation pour communiquer avec soi-même et le travail pour communiquer avec la communauté extérieure. Ce couvent devint le lieux de résidence des secondes filles de tout ce que la ville connu comme familles nobles. Ces filles, destinées à entrer dans les ordres devenaient novices entre 12 et 14 ans et professaient leur voeux à 16 ans. L'extansion du couvent dépendit entièrement des familles des soeurs. A leur entrée, les jeunes filles amenaient une dote qui devait couvrir leurs dépenses durant toute leur vie, les familles leur contruisaient une habitation et leur donnaient des servantes qui en plus de les aider dans leur vie leur offraient un contact avec le monde extérieur. Ce style de vie privilégié et quelque peu éloigné de l'idée que nous nous faisons de la vie dans les ordres dura jusqu'au 19ème siècle lorsque le Pape d'alors fini par donner l'ordre que les soeurs d'Arequipa devaient se séparer de leur dote, de leurs servantes et esclaves, quitter leurs appartements privés et commencer une vie communautaire. Ces grands chamboulements n'ont pas du plaire à toutes... Le couvent connut de nombreux dégats suite aux tremblements de terre et éruptions volcaniques qui ébranlèrent la région. En 1970 face à de nouveaux dégats et à un nombre réduit de résidente, un bâtiment plus moderne fut construit dans l'enceinte du monastère pour accueuillir les soeurs alors que le couvent historique fut réhabilité et finalement ouvert au public. La communauté aujourd'hui assez réduite réside toujours dans l'enceinte du couvent et vit de productions artisanales et d'une partie des bénéfices du tourisme.
Nous passons donc trois jours en ville à profiter de l'architecture coloniale et à préparer notre prochaine étape. Arequipa est en effet la porte d'entré vers la vallée et le canyon de Colca réputé avec ses 3000 mètres de profondeur pour être le plus profond du monde.

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