Voilà maintenant près de deux semaines que nous étions en ville et les grands espaces commençaient à nous manquer. Nous arrivons tôt à Tucuman après une nuit difficile dans le bus et sans aucune envie de visiter la ville mais avec l'idée de foncer vers la montagne pour profiter de l'air frais et, qui sait, marcher un peu. Sans trop savoir où nous diriger pour trouver le bus que nous cherchions nous nous arrêtons vite fait au bureau d'information touristique pour quelques renseignements. On ne sait toujours pas vraiment ce qui s'est passé mais en 10 minutes nous voilà sac sur le dos et carte routière à la main en direction du loueur de voiture pour ce qui allait être une des meilleures prise de décision spontannée depuis le début du séjour. Le plan: 1200km en cinq jours à travers la jungle, les vallées arides, la montagne, les vignes de Cafayate et les gorges des vallées Calchaquies pour rallier Humahuaca.
Nous atteignons enfin Cafayate dont la place centrale nous offre un rapide répit en terrasse de café avant d'entamer l'un des clous de notre périple, la Quebrada de las Conchas où l'eau a taillé dans la roche multicolore un dédale de formes rocambolesques et de canyons. Arrivés à l'extrémité Nord de la gorge, nous décidons de rebrousser chemin vers Cafayate pour récupérer le lendemain la route 40 qui traverse vers le nord la vallée Calchaquies en direction du village de Cachi. Arrivés tard à Cafayate sous une tempête de grêle et des coups de tonnerre, il nous faudra finalement près d'une heure et la visite d'une vingtaine d'hotels avant de trouver une chambre sur-évaluée et dans la partie toujours en construction d'un hotel aux abords du village.
Jour 5 - La fin de la route. On atteint la dernière vallée de notre périple, visitons le village de Humahuaca et rentrons à Tilcara faire une marche vers la Garganta del Diablo, ballade du dimanche classique des habitants de Tilcara qui longe un ruisseau à travers des parroies vertigineuses jusqu'à une petite cascade.
Ces quelques jours nous aurons offert une superbe vision sur les paysages majestueux de la région et sur une toute autre facette de la nation argentine. D'un côté l'Argentine moderne, ses touristes, ses exploitations vinicoles à portée internationale, ses villes et centres commerciaux offrant les marques que nous connaissons tous. De l'autre nous découvrons une Argentine bien plus pauvre qui, il y a une cinquantaine d'année, avait déjà marquée le jeune Ernesto Guevara du fait du contraste par rapport au reste du pays. La population, fortement indigène des vallées Calchaquies vit dans des villages bien loin du comfort moderne, dont les habitations rudimentaires en adobe, ces briques de terre séchées au soleil, malgrès leur charme pittoresque, sont souvent dépourvues de fenêtres et semblent être toujours ancrés à une époque depuis longtemps oubliée par le reste du pays.