Après un passage de frontière mouvementé entre le Chili et le Pérou nous appréhendions légèrement ce nouveau transfert, soit disant direct, entre la ville de Cusco et, à 7 heures de bus, le village de Copacabana sur la rive du lac Titicaca. Le tout commence mal. Arrivés, comme recommandé avec trente minutes d'avance au terminal de bus de Cusco, nous passons deux heures au son des annonces de départ hurlées par les harangueurs des compagnies de bus à attendre un bus qui semble refuser d'arriver.Soudainement tout se débloque, un bus moderne apparait, on charge à toute allure et on démarre. La route pour une fois ne consiste pas en une succession interminable de virages mais gravit lentement le fond d'une vallée bordée de sommets enneigés. Le passage du col à 4000 mètres débouche sur le fameux altiplano qui couvre le Sud Pérou, la Bolivie et le Nord Argentin. La plaine, fendue par la route et la voie ferrée, s'étend à perte de vue et est parsemée de quelques fermes et habitations et sur notre gauche bordée, toujours, d'une chaine montagneuse. Finament apparait devant nous l'immensité du Lac Titicaca et contre toute attente le bus, qui doit nous enmener de la ville péruvienne de Puno à la frontière, est fidèle au poste et nous attend. On change à toute vitesse, prennons garde de ne rien laisser derrière et nous retrouvons entasser à l'arrière d'un minivan plein de touriste. Il nous reste alors 3 heures de route à longer le lac et profiter de la vue. Les berges alternent entre hautes herbes les pieds dans l'eau et falaises qui
plongent directement dans les eaux bleues du lac. La route nous mène finalement jusqu'au point de frontière de Yunguyo à seulement quelques kilomètre de Copacabana. On décharge et passons la frontière à pied. Charlotte qui transporte depuis Chachapoyas une orchidée recueillie dans la jungle craint de se la faire confisquer mais les douaniers boliviens ne semblent pas très intéressés par leur travail et ne font guère plus que tamponner les passeports des touristes. Une fois de plus le transfert nous attend et nous arrivons quelques instants plus tard sur la place de Copacabana. Le village ne présente aucun intérêt si ce n'est sa cathédrale monumentale du 17ème qui semble avoir été construite là par erreur. Nous errons quelques temps à travers ses rues qui rapidement s'assombrissent et finissons par trouver où loger.Nous sommes ici pour une seule raison et celle-ci est accéder à l'île du soleil à quelques encablures du village. Nous partons de la plage en début d'après midi en direction du Sud de l'île où nous comptons passer la nuit. Il est très agréable de finalement changer de moyen de transport et les deux heures nécessaire pour effectuer la traversée sont les bienvenues. Nous débarquons face à un escalier Inca qui mène du fond de la baie au village en surplomb. L'escalier passent entre de grand eucalyptus qui apportent une ombre bien venue et un canal alimente des fontaines disposées à chaque palier. Après nous être décidés pour des raisons pratiques à dormir dans l'auberge située à l'extrémité nord du village mais qui s'avère être la pire de celle que nous avons vues nous décidons d'aller explorer l'extrémité Sud de l'île.
L'île a un relief accidenté avec beaucoup de terrasses aménagées pour l'agriculture par les anciens peuples amérindiens et toujours en usage. Nous suivons un chemin de crête qui offre une vue imprenable sur le lac et les chaines de montagnes environnantes parmi lesquelles se dresse à l'est un massif particulièrement impressionnant et qui nous laisse sans voix. A l'époque des incas, l'île était un sanctuaire et de nombreux vestiges subsistent. On distingue au loin l'île de la Lune sur laquelle résidaient les Vierges du Soleil. Le lieu semble avoir eu la fonction d'une sorte de couvent. L'île du soleil, elle, avait une place centrale dans la mythologie Inca car était considérée comme étant le lieux de naissance du Soleil et les ruines du temple du soleil sont situées dans la partie Sud de l'île.
Après un dîner agrémenté de l'une des plus belles vues qui soit, nous dormons finalement tout habillés après avoir constater l'état de saleté avancée du lit. Après une mauvaise nuit, nous nous réveillons pour entamer la marche pour relier le Nord de l'île d'où devrait partir un bateau pour Copacabana. La marche emprunte un chemin pavé Inca qui suit la ligne de crête et offre tout le long une vue splendide. On peut de là apprécier la forme de papillon de l'île (deux lignes montagneuses parallèles reliées par un bras de terre) qui nous rappel le la forme de Kho Phiphi en Thailande. Le décor est assez désertique mais grandiose. L'île elle-même bien sur a un relief intéressant mais c'est surtout le lac alentour qui captive l'attention. Alors qu'à l'est ou l'ouest il est possible de distinguer ses berges, vers le Nord, l'eau, le ciel et les nuages se mêlent et l'on n'est rapidement plus sûr de ce que l'on regarde. Au dessus de nos têtes, à 4000 mètres d'altitude, le ciel, entre les nuages, est aussi bleu que le lac autour. La route nous mène jusqu'aux ruines d'un petit complexe Inca et finalement à la plage du village d'où partent les bateaux. Nous arrivons juste à temps pour le départ de l'unique "direct" de la journée et débarquons finalement juste à temps pour un déjeuner tardif à Copacabana. Nous y passons finalement une nuit supplémentaire et partirons le lendemain pour la ville de La Paz.
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