Sunday, 8 February 2009

Canyon de Colca

Nous quittons Arequipa tôt le matin pour le canyon de Colca que nous atteingnons après plus de 3 heures de route à plus de 4000 mètres d'altitude. À son point culminant la route passe un col à 4800 mètres et nous ne pouvons nous empêcher d'avoir une pensée pour notre bon vieux Mont Blanc que nous venons quasiment d'atteindre en bus. Ici, région volcanique la terre fume et tout parrait assez irréel. Le passage du col est suivit d'une descente vertigineuse qui laisse soudainement apparaître l'entrée de la vallée de Colca, le village de Chivay et la multitude de terrasses taillées dans les parois des générations d'agriculteurs. Notre premier arrêt suivant les recommendations de Benjamin, Français résident d'Arequipa et connaissant bien la région est le village de Yanque. Le village est organisé autour d'une jolie place et de son église coloniale, entourées de ruelles bordées de maisons en adobe aux toits de tôle. On trouve facilement l'auberge qu'il nous avait conseillée, nous nous installons, lassons nos chaussures de marche et partons à travers champs en direction du canyon et des ruines d'un village pré-hispanique situé sur l'autre rive de la rivière Colca. La rivière se traverse ici grâce à un pont suspendu offert on ne sait trop pourquoi en 1991 par le gouvernement canadien. De l'autre côté on peut voir les habitants travailler leurs champs de maïs, de blé ou de quinoa. Les gens croisés sur le chemin ont tous la pelle sur le dos et on peut enfin apprécier de près le travail de terrassement effectué pour dompter les pentes du canyon et rendre la vallée productive. Les ruines, en relativement bon état grâce à un travail de rénovation récent, sont parcourues de canaux d'irrigations et offrent une belle vue sur la vallée. Nous sommes malheureusement vite rattrapés par la réalité de la saison des pluies et nous nous faisons encercler par deux orages. Nous rentrons une fois de plus trempés au village où nous découvrons Délia, Alpaga et animal de compagnie de l'auberge et on passe pas mal de temps à l'observer de près ce qui a l'air de lui plaire que moyennement. On finit notre première journée par un dîner dans l'un des restaurants du village avec menu unique: potage de légumes en entrée et riz avec macédoine de légumes au fromage en plat principal. On apprendra par la suite que c'est grossomodo le menu unique de la région et qu'il se mange matin, midi ou soir.

On se réveille un peu frigorifiés après la nuit la plus haute de nos vies à 3600 mètres. Il est 4h30 et on espère bien ne pas avoir raté le bus du matin pour continuer vers le coeur du canyon. Comme toujours dans ces cas là on voit un bus s'éloigner dès qu'on met un pied dehors et on espère qu'il y en a en effet plus d'un. Le bus arrive enfin après 30 minutes glaciales. Il est plein à craquer car aujourd'hui commence la fête de la vierge à notre destination et on passe donc 3 heures debout dans les virages du canyon à regarder la lumière changer à l'extérieur. Dans le bus les femmes portent toutes l'habit traditionnel. C'est un concours de broderies multicolores qui décorent leur gilet, leurs jupes et leur chapeau. Elles ont toutes l'air bien sérieuses mais fondent au premier bonjour. Nous arrivons, toujours un peu endormis, évitons l'arnaque locale qui consiste à te vendre un ticket touristique dont tu n'as pas besoin pour descendre dans le canyon et posons nos affaires dans l'auberge où nous passerons la nuit. Le programme d'aujourd'hui est de descendre les 1200 mètres qui nous séparent du fond du canyon et, qui sait, de visiter un ou deux villages en face. La descente de 2 heures est superbe. On atteint le bord du canyon à travers les champs de maïs en terrasse et découvrons un spectacle grandiose. Le canyon est en effet gigantesque, le fond est comblé d'une mer de nuages qui ajoute à l'impression d'altitude et bien au dessus de nous les sommets enneigés montent la garde. La piste va et vient le long du précipice et petit à petit les nuages se dissipent et laissent apparaître la rivière Colca et la roche ocre à travers laquelle elle se fraie un chemin. Sur notre chemin on croise nombre de muletiers qui relient les villages les plus perdus à la route, en assurent le ravitaillement et exportent la production agricole. Au fond du canyon nous attend ''l'Oasis''. On nous avait prévenu et ça n'a pas manqué, une fois en maillot et installé au bord de la piscine il est impossible de repartir. Ici en bas au soleil il fait chaud et notre idée de visiter les villages de la rive droite du canyon est oubliée. On trouve tout juste la motivation en fin de journée de remonter de notre côté et heureusement on se fait à nouveau prendre par la pluie qui nous évite de sérieusement surchauffer. Après 2h30 de montée c'est douche, dîner et au lit alors que dehors les fanfares battent leur plein. Au réveil, tout le monde a l'air hagard dans le village mais la fanfare joue et on se demande si elle ne s'est jamais arrêtée. Il est temps pour nous de reprendre le bus pour Arequipa et on se dit qu'on serait bien resté plus longtemps à explorer la région... se sera pour un prochain voyage.

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