Tuesday, 3 March 2009

Cusco et la vallée sacrée

On en avait tellement entendu parlé et visiblement nous ne sommes pas les seuls. La ville de Cusco est superbe avec ses places, ses églises et bâtiment coloniaux juchés sur des bases Inca et reconnaissables grâce a leur pierres de taille gigantesques. Malheureusement, notre séjour à Cusco est rythmé au sond des "Excuse me wanna have massage?", "Wanna buy?" et autre. C'est la première fois que l'on nous interpelle et nous parle en anglais. Les prix sont ridicules par rapport au reste du pays et il est clair que le sport municipal est l'arnaque touristique. Il est impossible ici d'obtenir une réponse directe, tout semble être mensonge. Les visites des sites alentours se font après l'achat d'un ticket commun appelé "boleto touristico" valable 10 jours et hors de prix qui rend chaque visite au moins deux fois plus cher que n'importe où d'autre dans le pays le tout sans aucune explication de quelque forme que ce soit sur les sites.

Peu importe, on fait du mieux que l'on peut pour mettre tous ces désagréments de côté et de profiter au maximum des vestiges Incas. Nous visitons notre deuxième jour dans la région le site de Pisac, citadèle suspendue sur un sommet en surplomb d'une vallée agricole à travers laquelle coule paisiblement une rivière. Un Machu Picchu en miniature! Les vestiges sont répartis en groupes sur les flancs de la montagne. Des habitations, un centre religieux, de nombreuses fortifications de toutes parts et tout au tour les fameuses terrasses agricoles Inca aux murs de pierre de près de 2 mètres de haut. On passe 4 heures sur le site et explorons ses moindres recoins. On rentre finalement affamé au village de Pisac à fond de vallée où nous déjeunons dans le marché, servis par les mains noires d'une grand-mère dans des assiettes nettoyées dans un seau à l'eau douteuse... On ne sera pas malade.

On rentre à Cusco et organisons notre départ pour le Machu Picchu. Il y a de nombreuses manières d'atteindre le site. A pieds mais pas en Février car le fameux chemin de l'Inca est en réparation chaque année à cette époque, en train depuis Cusco ou depuis différents villages de la vallée sacrée (les prix depuis Cusco sont ridicules et une fois de plus on sent que le touriste est là pour cracher le plus d'argent possible) Ou en bus et à pied mais cela prend deux jours. Nous avons pensé pendant longtemps opter pour la dernière solution mais la route est de terre, nous sommes toujours en pleine saison des pluies et nous pensons tous les deux avoir assez donné sur les routes de terre et dans la boue du côté de Chachapoyas pour finalement laisser tomber l'idée. Nous nous décidons finalement pour la solution intermédiaire: bus jusqu'à Ollantaytambo et train pour les derniers kilomètres. Il faut savoir que la route n'arrive pas au village d'Aguas Calientes (Au pied du Machu Picchu), la compagnie péruvienne du rail ayant du fait le monopole de l'accès au site. Nous passons donc une dernière nuit dans le froid de Cusco et au réveil nous voilà finalement partis pour le Machu Picchu.

Départ 8h00, nous avons jusqu'à 12h30 pour rallier Ollantaytambo d'où part notre train. Nous traversons la ville sac au dos et nous réalisons que ça faisait un moment que cela ne nous était pas arrivé. Il est vrai que depuis notre arrivée au Pérou, du fait du prix modique des taxis et de l'éloignement relatif des terminaux de bus au centre-ville nous nous sommes petit à petit fait à un certain niveau de confort! Ce petit retour en arrière nous fait bien plaisir et nous marchons avec le sourire. Le premier bus prend 1h30 pour rallier Urubamba ou nous devons changer. La route est très belle. Nous commençons par l'habituelle grimpette pour sortir de la cuvette de Cusco. De l'autre côté du col, la route traverse un haut plateau agricole parsemé de villages et de cultures en tout genre: maïs bien sur, mais aussi blé, Quinoa et Colza. Les couleurs de la campagne sont splendides. Après le changement, il ne reste plus que 20 minutes de minibus a fond de vallée et nous restons tous les deux les yeux rivés de chaque côté du minibus, nos sacs ayant étés balancés sur le toit sans être attachés.

Il nous reste un peu de temps avant notre train et profitons du temps pour acheter la spécialité des Andes pour le déjeuné: "choclo con queso" (maïs à la vapeur et tranche de fromage frais de vache) d'un côté et "humitas" (pâte de maïs assorties de condiments variés à la vapeur) de l'autre. Dans le train nous sommes une fois de plus en plein sur le Gringo Trail. Les locaux ont un wagon pour eux (certainement au 1/100 de notre prix et interdit aux gringo) et tous les blancs sont dans un autre. Le trajet dure près de 1h30. Petit à petit la vallée se ressert, la rivière devient vraiment sauvage et avec la baisse d'altitude les champs laissent place à une forêt tropicale dense. L'arrivée à Aguas Calientes correspond à notre attente et ne déçoit donc pas! Nous sommes ici dans une ville qui n'a qu'une seule raison d'être: le tourisme de masse. Le guide la décrivait comme la plus moche des petites villes du continent et il nous semble qu'il serait en effet dur pour quel qu'autre lieu d'entrer en compétition. Le site est lui par contre tout à fait splendide. Le village est au fond de la gorge le long d'une rivière déchainée et est surplombé de montagnes vertigineuses aux parois verticales auxquelles s'accroche tant bien que mal la forêt tropicale. On trouve finalement un hôtel et nous couchons tôt, demain réveil 4h30...

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