Nous partons tôt de La Paz en direction de Uyuni. Le trajet consiste en deux étapes, un bus jusqu'à Oruro puis de là un train jusqu'à Uyuni. Le bus quitte, comme tous, La Paz par la route de l'Alto nous offrant une dernière vue d'ensemble du canyon. La route rejoint ensuite l'interminable altiplano, et nous passons tous les deux le trajet perdus dans nos bouquins. Le transfert à Oruro nous permet de faire le tour d'un centre-ville sans intérêt et nous nous retrouvons, pour la première fois en Amérique Latine, avec du mal à trouver à manger! Avec l'approche de l'heure de départ du train, qui rejoint Uyuni tout les deux jours et permet d'éviter une route réputée mauvaise, la gare est prise d'assaut par un mélange de Boliviens et de touristes qui s'affèrent à trouver leur wagon. Le train se met finalement doucement en branle. Peu de temps après la sortie de la ville, les voies coupent en deux un lac de faible profondeur, couvert d'oiseaux et de roseaus, et regardant par la fenêtre le train semble rouler sur l'eau. Le soleil tire malheureusement rapidement sa révérence et on se retrouve sans autre choix que de se tourner vers l'écran de télévision qui hurle et débite une fois de plus une merde en provenance directe d'Hollywood. L'arrivée à Uyuni se fait à près de 23h00 et nous sommes contents à la vue du nombre de gens sortant bredouille des hotêls, d'avoir fait une réservation.
La "ville" d'Uyuni est perdue en plein désert, non loin du salar et ne semble avoir pour seul utilitéed'offrir aux touristes un accès aux merveilles de la région. Nous sommes donc une fois de plus l'unique cible des locaux et nous faisons interpeller à tout bout de champ au son de: "Looking for tour?", "One day, three days!" Nous avons toute la journée pour trouver une agence et au vue des histoires d'horreur relatées par nos rencontres nous décidons de prendre notre temps et de voir le plus d'agences possibles. Nous en verrons finalement six et toutes nous délivrerons quasiment le même speach. Toutes partent à la même heure, font le même circuit et s'arrêtent aux mêmes endroits pour dormir.... quel bonheur!! Les seuls distinctions sont la présence ou non d'une cuisinière (ce qui ajoute une personne dans la voiture déjà bien chargée), l'âge de la voiture et si la personne qui délivre le dit speach à l'air honnête ou pas. Nous nous décidons finalement pour Tito de "Tito Tours" et nous ne seront pas déçus.
Le départ se fait le lendemain 10h00. Nous sommes content de voir arriver Darryl et Ilga, que nous avions rencontrés la veille à la terrasse d'un resto. Puis Darren et Coby, arrivés tout droit du bus de nuit, se décident en cinq minutes. Tout le monde s'avère très sympa ce qui joue un rôle primordiale dans la réssite du tour comme nous allons passer trois jours coincés ensemble jour et nuit! Notre tour connait une première épreuve peu après le départ. La première étape est un cimetière de vieilles locomotives rouillées où Ilga se blesse et où nous avons pour la première fois l'opportunité de "tester" Tito qui réagit super bien et nous enmène directe à l'hôpital. La blessure est heureusement légère et nous repartons rapidement. Notre route nous enmène enfin vers le salar. A son bord nous nous arrêtons dans un village d'exploitants de sel qui subsistent tant bien que mal avec 8 bolivianos pour chaque 200 kilos extrait et des quelques babioles de sel vendues aux touristes. Nous rentrons ensuite sur le salar et rien ne peut préparer à cette expérience. La luminosité est complètement éblouissante et il est impossible de tenir sans lunette de soleil. Au dessus le ciel exempt de tout nuage est d'un bleu éclatant et à perte de vue, le sel, sans un relief, s'étend. Les distances sont complètement faussées et un volcan qui parait près se trouve en fait à 200km de nous. Le temps de faire quelques photos et nous repartons, plein Ouest en direction de l'Isla del Pescado, véritable île de cactus prise dans une mer de sable. La planitude et la température du sel créent des mirages de toutes part. L'île nous apparait tout d'abord comme un nuage noir qui flotte au dessus du sel et seulement une fois proche finit il par se poser sur le salar.
L'île est notre première pause et après en avoir gravi le sommet pour apprécier la vue et admirer de plus près les cactus millénaires qui la recouvre nous profitons de notre premier déjeuner. Une fois de plus Tito ne nous déçoit pas et nous nous régalons. La fin d'après-midi nous fait traverser la partie sud du salar. Ici la croute de sel crée des formes hexagonles qui s'étendent à perte de vue. Coucher de soleil depuis le bord du salar, diner et on dort dans un hôtel de sel perché sur un colline au dessus du salar. La vue est superbe mais le fait que l'hôtel soit en sel n'apporte rien, c'est grossomodo une maison de base mais avec des briques couleur sel taché de terre.
Deuxième journée et le programme change complètement. Nous quittons le monde plat et monochrome du sel pour celui accidenté et coloré des déserts, volcans et lagunes altiplaniques. Le 4x4 suit tantôt une piste et tantôt coupe droit à travers de gigantesques étendues. La régions a été totalement abandonnée après la privatisation et fermeture de la ligne de chemin de fer dans les années 90 et seulement quelques postes militaires occupent la zone qui fait face à l'ennemi juré bolivien: le Chili. Le paysage est quasi impossible à décrir tant il est varié. Chaque nouvelle vallée est différente. Fond de sable gris entouré de volcans aux flancs rouges, ocres et noirs. Lave pétrifiée saumon sur fond de sable jaune et surplombée d'un volcan aux pentes blanchies par le souffre. Vaste étendue de sable parsemée de roches aux formes abstraites. Champ de bombes volcaniques. Cuvette emplie d'une eau bleue éclatante, de sel de borax et parsemée de flamants roses... et la liste continue. C'est la journée la plus époustouflante du tour et il est incroyable qu'une telle diversité soit présente concentrée sur une région si petite du globe. Une fois encore les altitudes environnantes sont impressionantes, nous passons la journée à plus de 4000m et les sommet alentours culminent régulièrement à plus de 6000m.
Le réchauffement climatique fait par contre ici des ravages et alors qu'il y a quelques années les sommets étaient tous enneigés l'année durant seuls quelques-un le sont encore aujourd'hui. Cette deuxième nuit se fait à 4500m ce qui sera la nuit la plus haute de notre voyage et peut être aussi la plus étoilée. L'air glacial est parfaitement sec et les étoiles brillent par milliers au dessus de nous.
Notre dernier jour consiste en quelques visites matinales dont un champ de geyser, une piscine termale et la laguna verde qui prend cette couleur lorsque les eaux du lac, riches en cuivre, s'oxydent une fois remuées par les vents. Nous rallions la frontière chilienne pour y déposer Coby et nous trouvons alors à seulement quelques kilomètres de San Pedro où nous nous trouvions il y a près de 2 mois! C'est ensuite la route du retour et nous passons le plus clair de la journée à rejoindre Uyuni. La piste est cahotique par endroit mais les paysages, bien que moins irréels sont toujours merveilleux. Nous finissons ce tour sous le charme de la région et soulagés de la chance que nous avons eu d'avoir un si bon guide et de si bons compagnons. Après une soirée arrosée, un douche bien méritée et une bonne nuit de sommeil nous partons pour notre nouvelle destination: Sucre, capitale constitutionelle de la Bolivie.
2 comments:
salut charlotte et jb!
j'ai vu votre critique favorable du tour des salaires de Uyuni avec cet homme Tito qui me paraît merveilleux. Moi et ma copine nous aussi voulons faire un tour avec lui la semaine prochaîne pourtant...je n'arrive pas à trouver son information de contact dans l'internet! pourriez-vous me la donner si vous l'avez toujours? son numéro de téléphone ou son email serait parfait.
MERCI BEAUCOUP! je suis bien reconnaissante de votre aide.
- Lauren
Salut Lauren,
vous pouvez contacter TiTo par mail: tito_tours@hotmail.com ou par téléphone: 72412048 ou 76166451. Quand on y était c'était une toute nouvelle agence tenue par Tito et sa femme. Il doit avoir un ou deux chaffeurs en plus dont je ne connais pas la valeur donc essayez de partir avec Tito lui-même. Bonne chance.
JB.
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